
Le camp de candidats au transport par mer vers le Royaume-Uni bénéficiait il y a une semaine de la présence de clowns néerlandais venus égayer les files d’attente de nourriture de centaines de clandestins.
L’événement incongru se déroulait à quelques dizaines de mètres des tentes de trafiquants kurdes qui organisent le passage des migrants sub-sahariens par petits bateaux vers les côtes britanniques.
C’est une variation particulièrement significative sur le thème Panem et circenses, et elle méprise à la fois le pays visé par l’immigration clandestine, les droits des autochtones français et les migrants eux-mêmes, dont on imagine les regards ahuris face aux jongleurs blancs. Ces derniers se sont prévalus de leur spécialisation comme clowns d’hôpital. Le rire pour aider des enfants à faire face à la douleur, cela se comprend à la limite. Transformer des drames nationaux en farce, c’est une autre histoire, qui résume tout le tragique de notre époque.










