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DRAME/DRAME HISTORIQUE
La Confession ♥


 
La Confession est une variation libre sur un roman connu, qui avait déjà donné lieu à un film, Léon Morin prêtre. Un prêtre, curé, est provoqué par une jeune femme impie. Patient, déterminé, il s’efforce de démonter ses sophismes matérialistes, marxistes ou freudiens, et de la mener sur le chemin de Dieu. En effet, il est tout de même bizarre d’aller dans le confessionnal ou le presbytère provoquer directement l’homme de Dieu : ne serait-ce pas derrière les blasphèmes une forme d’appel désespéré de l’âme ayant malgré ce qu’elle prétend soif de Dieu ? Ce n’est pas impossible, surtout en prenant en considération une psychologie féminine souvent peu claire ou directe. L’action de La Confession est en outre placée dans ce film dans le contexte d’une petite ville de France occupée par l’armée allemande en 1943-44…C’est ajouter là une difficulté importante, rendre compte d’un contexte au fond aussi peu maîtrisé vraiment dans sa réalité historique que matraqué médiatiquement, à la formulation fine des tourments de l’âme. Un prêtre peut être tenté par une pénitente subitement indélicate, mais il peut, aussi, bien réagir face à une telle épreuve. C’est là un souffle d’air frais au moment de la relance du débat biaisé sur le « mariage des prêtres », suite à des propos récents et imprudents du pape François. Le célibat sacerdotal n’est pas un choix de vie par défaut.
 

La Confession, un film relativement bon

 
Un tel sujet, on l’aurait imaginé bien traité par Bresson. Mais par un réalisateur et des acteurs français typiques d’aujourd’hui, on craignait le pire ! Avec Nicolas Boukhrief dirigeant le couple vedette formé par Romain Duris en prêtre et Marine Vatch en employée des postes communiste, que pouvait-il sortir de bon ? Curieusement, sur un sujet si délicat, placé en outre dans un contexte difficile, La Confession nous a semblé globalement assez réussi. Précisons, que, contre toute attente, cette histoire de la rencontre de deux âmes ne débouche pas sur une liaison scandaleuse, mais sur une conversion, bien tardive mais a priori réelle, à l’heure de sa mort, de la provocatrice athée…Cette dernière scène est présentée en ouverture du film, avec une réconciliation réalisée par un prêtre d’aujourd’hui, formant une chaîne invisible mais continue avec son prédécesseur de 1943-1944.
 
Si l’ensemble sonne juste, on pourra certes objecter quelques détails inexacts. Le langage des protagonistes est parfois trop moderne pour 1943. Ceci se remarque dans quelques dialogues du quotidien, ou, plus gênant, religieux, avec des extraits bibliques qui sentent les traductions modernes des années 1990-2000, qui se montrent parfois imprécises – avec « amour » pour « charité » par exemple. Mais il n’en reste pas moins que La Confession nous a semblé relativement bon.
 

Hector JOVIEN

 
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