Une confrérie de la Semaine Sainte est poursuivie par le gouvernement espagnol parce qu’elle n’accueille pas les femmes

confrérie poursuivie accueille femmes
 

Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a décidé de révoquer la déclaration d’intérêt touristique national accordée aux fêtes de la Semaine Sainte de Sagunto au nord de Valence en Espagne. Cette décision intervient alors que l’une des principales confréries participant aux processions historiques honorant la Passion du Christ a refusé de modifier ses statuts, qui imposent que seuls des hommes puissent faire partie de sa direction. La démarche a été annoncée dans un communiqué commun du ministère du Tourisme et de celui de l’Egalité ; c’est l’idéologie qui se mêle de traditions religieuses remontant au XVe siècle.

C’est par 267 voix contre 114 que la confrérie du sang très pur de notre Seigneur Jésus-Christ a refusé que le mot « homme » soit remplacé par « personne » dans ses statuts. Dès lors, on ne peut plus parler de « participation citoyenne », selon les fonctionnaires des ministères, applaudis par l’Institut des Femmes qui soutient que l’empêchement de la participation féminine « ne répond pas à une tradition », mais contredit les droits fondamentaux.

 

Une confrérie de la Semaine Sainte victime de l’égalité de genre

C’est une ingérence manifeste dans le domaine des institutions religieuses, dont le gouvernement de Valence reconnaît le caractère privé et le droit d’avoir leurs propres normes enracinées dans l’histoire.

L’incident n’est que le dernier en date d’une série, puisque d’autres confraternités espagnoles ont été poursuivies récemment avec succès par l’Institut des Femmes, tandis que le Tribunal constitutionnel espagnol a donné raison l’an dernier à une femme qui avait intenté un recours contre son exclusion d’une confrérie à Ténérife.

 

Le « droit des femmes » contre les traditions religieuses

Avec de telles décisions politiques ou judiciaires, on va évidemment vers des conflits autour du sacerdoce réservé aux hommes. Pour autant, l’archevêché de Valence a choisi de ne pas se prononcer sur le conflit, donnant ainsi libre cours au gouvernement ainsi qu’aux autorités autonomes en Espagne pour discourir sur l’inclusion nécessaire dans tous les domaines.

Pour la ville de Valence, ainsi que pour la confraternité, la décision n’a pas seulement des effets d’ordre symbolique, puisqu’il est question de subventions et d’aides retirées. C’est le totalitarisme « soft ».

 

Jeanne Smits