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Coup de tonnerre : le départ d’Anthony Kennedy ouvre la voie à un basculement pro-vie de la Cour suprême américaine

Cour suprême Anthony Kennedy pro vie
 
Le juge de la Cour suprême américaine Anthony Kennedy, 81 ans, a décidé de prendre sa retraite au 31 juillet. Il s’agit d’un séisme car cette cour composée de neuf juges, tribunal de dernier ressort, joue un rôle considérable pour la justice administrative, constitutionnelle et civile dans un système américain largement jurisprudentiel. Or Anthony Kennedy, quoique réputé conservateur, est un juge qui soutint – avec succès – le mariage homosexuel comme l’application de l’avortement. Nommé par Ronald Reagan en 1988, Anthony Kennedy s’est révélé plus libertarien que conservateur. Son départ laisse à Donald Trump une occasion inattendue pour nommer un juge pro-vie et défenseur du droit naturel. Pour la gauche libérale-libertaire c’est une catastrophe. Les juges de la Cour suprême étant nommés à vie, le choix influera sur le droit américain pour des décennies.
 
Le président Trump pourra nommer pour la deuxième fois un juge à la Cour suprême. Ces dernières années, seuls Bill Clinton et Barack Obama avaient connu cette opportunité. Après le départ de Kennedy, la plus âgée des juges sera Ruth Bader Ginsburg, 85 ans, nommée par Clinton en 1993. Donald Trump avait nommé en avril 2017 Neil Gorsuch, 50 ans, juriste conservateur aussi jeune que convaincu.
 

Anthony Kennedy était un « faiseur de majorité » à la Cour suprême avec de nombreux votes pro-avortement

 
Anthony Kennedy détient ce que les Américain appellent un « swing vote », ou « voix décisive », faiseur de majorité dans cette minuscule assemblée capable de soumettre les plus hautes autorités. Anthony Kennedy, pendant ses trente années de mandat, a souvent fait pencher la balance à gauche sur des sujets de société. Nombreux furent ses votes protégeant la légalisation générale de l’avortement et l’idéologie homosexualiste.
 
Certes Kennedy a récemment voté la liberté de publicité pour les centres de grossesse pro-vie en Californie et s’est opposé à la politique anti-religieuse d’inspiration maçonnique d’élus du Colorado, qui prétendait obliger un pâtissier à confectionner un gâteau de « mariage » pour deux hommes, contraire à ses convictions chrétiennes. Mais surtout il a justifié l’arrêt Casey contre Planned Parenthood (Planning familial) en 1992. Ce dernier généralisait l’application de l’arrêt Roe v. Wade de 1973, qui permit « l’IVG », en retirant le droit aux Etats fédérés d’interdire chez eux la plupart des avortements. Kennedy soutint aussi l’arrêt Obergefell v. Hodges qui garantit le droit au « mariage » homosexuel.
 

Une Cour suprême pro-vie pourrait contourner l’arrêt Roe v. Wade

 
On sait les convictions du président Donald Trump. Le président dispose déjà d’une liste de 25 candidats. En tête, on trouve les juges Thomas Hardiman de Pennsylvanie et William Pryor d’Alabama, déjà pressentis pour le siège attribué à Neil Gorsuch, ainsi que le jeune juge Brett Kavanaugh, de la cour d’appel de Washington DC. Ce dernier fut membre du cabinet Kenneth Starr qui rédigea le rapport pour la procédure d’impeachment du président Clinton. Récemment, il exprima son désaccord avec le tribunal qui jugea qu’une adolescente immigrée clandestine détenue dans une prison fédérale pouvait obtenir un avortement immédiat.
 
La question de l’avortement sera au cœur du remplacement d’Anthony Kennedy dans un pays où le taux était de 17 pour mille en 2011 – après 30 pour mille, soit près de deux millions, en 1980 ! Or la voix de Kennedy fut celle qui ouvrit la porte à sa légalisation obligatoire. Donald Trump a clairement dit qu’il choisirait des juges souhaitant contourner l’arrêt Roe v. Wade. Une Cour suprême pro-vie pourrait avaliser les restrictions à l’avortement de masse avec, pour la première fois depuis 1973, une majorité de juges avalisant les lois d’Etats limitant sa pratique, sujets de nombreux contentieux.
 

Le vote du Sénat sur le successeur d’Anthony Kennedy à la Cour suprême va enflammer la campagne de mi-mandat

 
Le départ d’Anthony Kennedy va augmenter la tension de la campagne électorale pour les législatives de mi-mandat car le Sénat devra confirmer la nomination présidentielle à la Cour suprême. Le calendrier ne pouvait pas être plus mauvais pour les sénateurs démocrates qui tenteront d’être réélus en novembre dans des « Etats-bascules » que Trump avait largement gagnés : Indiana, Montana, Dakota du Nord, Virginie Occidentale… Si les sénateurs démocrates sortants de ces Etats votent contre l’investiture du juge pressenti par Trump pour remplacer Kennedy, ils offriront un angle d’attaque idéal aux Républicains. Dos au mur, le chef de l’opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a demandé de « suivre la règle appliquée en 2016 de ne pas organiser de vote sur une nomination à la Cour suprême durant une année électorale ».
 

La gauche a lancé sa campagne dès l’annonce du départ d’Anthony Kennedy

 
La campagne de la gauche s’est déclenchée instantanément après l’annonce du départ d’Anthony Kennedy : élus démocrates, commentateurs gauchistes, militants pro-avortement. « Avec le départ de Kennedy, le droit à l’avortement dans ce pays est menacé » a lancé Planned Parenthood, s’indignant que Trump « ait promis de contourner l’arrêt Roe v. Wade » et que « ses nominations aux cours inférieures aient déjà fait de ce cauchemar une réalité ». « Le droit constitutionnel d’accès à l’avortement légal est en grave et immédiat danger », a lancé Ilyse Hogue, présidente du NARAL, qui lutte depuis 1968 pour la révocation des lois anti-avortement. Hogue refuse que la Cour suprême permette aux Etats fédérés de recouvrer leur droit à légiférer sur le sujet.
 
Dans les médias, Jeffrey Toobin, qui émarge au New Yorker et à CNN, prédit que « l’avortement va être banni par la loi dans une vingtaine d’Etats avant dix-huit mois ». Marisa Kabas, de la plateforme gauchiste HOPE, est « effrayée et prête à vomir ». L’enjeu est d’autant plus grand que si l’arrêt Roe v. Wade est contourné, l’arrêt homosexualiste Obergefell v. Hodges pourrait subir le même sort. C’est le cœur de la contre-culture nihiliste occidentale qui risque de subir un coup d’arrêt par le seul départ d’Anthony Kennedy.
 

Matthieu Lenoir