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Démographie : le déclin de la population en Italie se confirme

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Baisse de la natalité et augmentation de l’âge moyen de la population : le déclin du peuple autochtone en Italie se confirme et accélère, et aucun redressement ne semble en vue. L’année 2016 constitue un triste record : seules 474.000 naissances ont été enregistrées, un plus bas historique pour l’époque contemporaine. C’est 12.000 de moins que l’année précédente, selon les chiffres de l’organisme de statistique officiel de l’Italie, Istat.
 
A l’heure actuelle, l’indice de fécondité de l’Italie est de 1,34 enfant par femme, un taux en baisse et largement en-dessous du minimum de 2,1 enfants par femme nécessaire au simple remplacement des générations. Pour dire les choses autrement, pour chaque deux bébés qui naissent il en faudrait un supplémentaire, et même un peu plus, pour qu’il y ait autant de personnes à cette génération qu’à celle qui les engendre. Ou encore : pour 100 personnes à la génération aujourd’hui fertile, il n’en naît que les deux tiers – 66 environ.
 
Dans le même temps, on apprend que les femmes d’origine italienne ont un taux de fécondité de 1,95 enfants par femme.
 

Le déclin de la population en Italie atteint un record en 2016

 
Selon Istat, la baisse de la fertilité est due à celle « des femmes en âge d’avoir des enfants parmi les femmes de nationalité italienne, et au processus de vieillissement parmi les femmes qui ne sont pas de nationalité italienne ». Puisqu’il y a de moins en moins de femmes en âge d’avoir des enfants, la perspective d’une remontée de cette pente parmi les femmes italiennes est de moins en moins vraisemblable, ajouterons-nous, en même temps que la poursuite des migrations vers l’Italie permet d’envisager un maintien de la fécondité chez les femmes étrangères.
 
L’accroissement naturel de la population s’est établi en 2016 à -134.000, c’est-à-dire un accroissement négatif comme disent les démographes, où le nombre de décès dépasse le nombre de naissances. En 2015, cet accroissement négatif était encore plus élevé, avec un taux record de -162.000 dû à un nombre particulièrement élevé de décès cette année-là : 648.000 en 2015 contre 608.000 en 2016.
 
La population totale de l’Italie s’établit désormais selon les estimations d’Istat à 60.579.000, avec un âge moyen qui ne cesse d’augmenter : il a atteint 44,9 ans en 2016, contre 44,7 l’années précédente. En outre, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent déjà 22,3 % de tous les Italiens, dans une population qui comprend 17.000 centenaires. D’ailleurs l’espérance de vie augmente : les hommes peuvent espérer vivre 80,6 années et les femmes 85,1 années, soit six mois de plus dans les deux cas par rapport à l’année précédente.
 

La démographie déprimée de l’Italie, signe d’un lent suicide

 
L’Italie fait partie des pays où les familles sont peu aidées, où les impositions sont lourdes et non modulées selon la composition familiale, et où le manque de perspectives retarde beaucoup la mise en couple des jeunes, beaucoup de jeunes hommes adultes continuant de vivre chez leurs parents jusqu’à un âge assez avancé.
 
Tous les ingrédients d’un lent suicide sont bien rassemblés. Avec tous les problèmes qui s’y rapportent lorsque la population active se trouve responsable d’un nombre croissant de personnes âgées et dépendantes. A ce titre, l’Italie est déjà un pays sans avenir.
 
Où l’on comprend que la question de la stabilité et du soutien aux familles et celle de l’accueil et du respect de la vie sont premières dans l’ordre de l’action politique, car elles en conditionnent beaucoup d’autres.
 

Jeanne Smits