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Djihadistes : Bernard Cazeneuve plaide pour la surveillance d’internet à Silicon Valley

Djihadistes : Bernard Cazeneuve plaide pour la surveillance d’internet à Silicon Valley
 
Le ministre de l’Intérieur s’est rendu dans la Silicon Valley en Californie, la semaine dernière, pour obtenir des géants de l’informatique et des réseaux sociaux une « coopération » renforcée face au recrutement de djihadistes sur internet. Ce voyage de Bernard Cazeneuve est tout un symbole. Il met en évidence les liens potentiellement très étroits entre le pouvoir politique et les responsables des « autoroutes de la formation » qui sont prêts à mettre en place une surveillance plus ou moins serrée de tout ce qui s’échange au nom de l’« autorégulation ».
 
Bernard Cazeneuve a rencontré des responsables chez Appel, Google, Facebook et Twitter : la Silicon Valley n’a pas hésité à mobiliser ses responsables les plus gradés pour ces discussions avec le ministre français de l’Intérieur.
 

La coopération et la surveillance existent déjà, assure Cazeneuve

 
Ces liens existent déjà puisqu’il s’agit de renforcer une coopération déjà existante : Bernard Cazeneuve s’est félicité de ce qu’elle ait déjà abouti à une réactivité accrue depuis les attentats contre Charlie Hebdo. « Ils retirent plus rapidement et plus efficacement qu’auparavant des contenus », a-t-il déclaré à son retour. En clair : la surveillance permet de repérer, et le cas échéant de bloquer des contenus suspects en moins d’une heure aujourd’hui, là où autrefois il fallait des mois.
 
Plutôt que de demander à Apple, Google, Facebook et Twitter de mobiliser des équipes
« pléthoriques » pour assurer eux-mêmes la surveillance des millions de données qui transitent sur leurs réseaux, Bernard Cazeneuve a indiqué que la police et la gendarmerie françaises joueront ce rôle et alerteront les géants de la Silicon Valley : « La responsabilité est partagée. »
 
Avant les attentats de Charlie, la coopération avec les gouvernements avait déjà permis le retrait d’une quantité faramineuse de données. Chez Google, on indique qu’en 2014, pas moins de 14 millions de vidéos au contenu violent ou incitant à la haine ont été retirées sur Youtube.
 

Les djihadistes n’ont pas droit à la liberté d’expression sur internet

 
Cela a certes un sens : la liberté d’expression n’est pas l’absolu que prétendent les pouvoirs publics et de tout temps on a cherché à empêcher des groupuscules mal intentionnés de fonctionner, recruter, répandre leurs messages.
 
Mais cela se corse dans le contexte actuel, où le discours officiel approuve le blasphème et « trie » dans ses surveillances ; où la démocratie totalitaire ne fonctionne pas pour le bien commun, mais pour l’imposition d’une nouvelle forme de tyrannie ; où l’on interdit un jour les appels à la haine de l’islamisme, mais sans s’interdire de traquer demain toute autre forme d’opposition, toute autre forme de religion qui s’affirme vraie à l’exclusion de toutes les autres.
 
Autre inconvénient de cette surveillance et de cette censure : ces vidéos, ces déclarations publiques qui circulent sur internet ont aussi valeur documentaire : elles permettent à l’internaute moyen de s’informer lui-même sur les intentions réelles de tel ou tel groupe. Etat de choses ennuyeux pour ceux qui répètent à l’envi qu’il ne faut pas faire d’« amalgame ».
 

La Silicon Valley sous la surveillance de Bernard Cazeneuve

 
Au moins sait-on de mieux en mieux comment fonctionne la coopération de la Silicon Valley avec le gouvernement français (et donc avec les autres gouvernements du monde) : dans la foulée de l’attentat contre Charlie, les autorités françaises sont passées par la « coopération internationale » pour alerter le FBI qui lui-même s’était adressée à Microsoft pour surveiller les messages Hotmail en relation avec l’attentat. Leurs contenus avaient été livrés à Paris dans les 45 minutes…
 
Bernard Cazeneuve espère donc obtenir davantage, plus vite : après s’être rendu dans la Silicon Valley, il recevra les responsables de Google, Facebook, Apple et Twitter à Paris en avril, pour faire le point sur les engagements pris en matière de surveillance et de transmission de données. Et pour « leur adresser des demandes encore plus précises et arrêter un code de bonne conduite » : c’est le ministre de l’Intérieur qui l’a lui-même annoncé.