Pas d’effondrement du système des courants de l’Atlantique !

effondrement système courants Atlantique
 

Dans Vingt mille lieues sous les mers, Jules Vernes imaginait déjà que le Gulf Stream allait s’arrêter et que cela changerait le climat. C’était la fiction d’un génie, et elle était neuve. Aujourd’hui, c’est devenu un leitmotiv rebattu de la propagande alarmiste : le système des courants marins qui sillonnent l’Atlantique serait au bord de l’effondrement et cela menace notre climat. Le plus grand quotidien national aux Etats-Unis, USA Today, annonce même la chose pour 2025 et prévoit des inondations monstres en Amérique accompagnées d’un petit âge glaciaire en Europe. Rien de moins, et rien de plus fantaisiste, naturellement.

 

L’AMOC, système de courants crucial pour l’Atlantique

Sous le titre « Les courants de l’Atlantique proches de l’effondrement. Comment vous pourriez subir des changements météo dramatiques », USA Today affirme qu’un système majeur de courants océaniques va probablement ralentir et cesser pas plus tard qu’en 2025. Dans deux ans ! Cette affirmation reprend les projections d’un modèle informatique lui-même fondé sur des données concernant le comportement passé des courants et les facteurs qui les régissent. Le quotidien reprend les conclusions d’une étude parue dans Nature sur ce qu’on nomme AMOC en anglais, c’est-à-dire la partie sud de la circulation des courants dans l’Atlantique, désignée du terme compliqué de « circulation méridienne de retournement de l’Atlantique ».

 

Terreur sur l’Atlantique en cas d’effondrement

Ce système de courants transporte les eaux chaudes des tropiques vers l’Atlantique nord où elles se mélangent avec les eaux froides du courant du Labrador. Selon l’article de Nature, l’effondrement de l’AMOC pourrait survenir « aux alentours du milieu du siècle, ou potentiellement à partir de 2025, à cause du changement de climat causé par l’homme ». L’eau de fonte de Groenland stopperait alors les courants de convection qui font tourner le chaud et le froid tout autour de l’Atlantique. « Un tel effondrement (…) pourrait amener une glaciation en Europe, l’élévation du niveau de la mer à Boston et New York, des tempêtes et des ouragans sur la côte Est. »

 

Le mystère du Dryas récent

Aux dires d’USA Today, la probabilité de cet effondrement entre 2025 et 2095 est de 95 %, selon les chercheurs, et des études parues en 2018 et 2021 confirment cette possibilité. Mais il s’agit d’une parole en l’air, car l’étude de 2021 prévoit au contraire une… accélération de l’AMOC. Tout le monde admet cependant l’importance de ce système de courants. Le chercheur Eric Worall impute le Dryas récent (queue de la dernière glaciation dans l’hémisphère nord, qui a duré de 10.900 à 9.700 av. JC) à son effondrement « qui eut lieu quand un gigantesque lac glacial situé sous la calotte glaciaire nord-américaine a déversé d’un coup des milliers de miles cubes d’eau froide dans l’Atlantique ». Or il n’existe pas de telle réserve d’eau glacée disponible aujourd’hui pour une telle catastrophe. Le scénario de USA Today n’est donc qu’une fantaisie de journal à sensation fondée sur une fantaisie de modèle mathématique dont les paramètres sont arbitrairement choisis. Mais le détour par le Dryas récent est bien instructif : cette ère a pris fin brutalement par une hausse brutale de la température moyenne dans l’hémisphère nord d’environ 7 degrés celsius en 50 ou 60 ans. Bien plus que le réchauffement actuel. Il n’y avait pourtant pas de moteurs Diesel ni de passoires thermiques à l’époque.

 

Pauline Mille