L’affaire Epstein met à mal la fable du « complot judéo-maçonnique »

Epstein fable complot judéo-maçonnique
 

On nous parle souvent d’un « complot judéo-maçonnique » et d’une toute-puissance de la secte Loubavitch pour donner une clef d’interprétation de l’histoire contemporaine. Cette interprétation, parfois obsessionnelle, ne tient décidément pas si on la juge à l’aune de l’affaire Jeffrey Epstein, l’un des pires scandales qui ait existé et qui entraîne avec elle une méfiance quasi universelle envers les politiques et les hommes de pouvoir. On pourrait même dire envers les hommes tout court. Qui sait ? Peut-être cette méfiance est-elle l’un des objectifs principaux de l’opération, la mise à nu d’un tel cloaque n’étant certainement pas le fruit du hasard.

Que faire face à une telle dépravation, se demande-t-on. Vers qui se tourner ? Si l’homme est si mauvais, comment sauver l’humanité ? A supposer qu’on s’inquiète encore de l’homme, Gaïa est en train de le doubler dans l’ordre des biens à préserver voire à adorer… La seule cause qui vaille face à notre corruption ?

Mais il faut aussi se rappeler que l’affaire Epstein est la mise au jour d’un système qui impliquait un tel nombre d’acteurs – membres du gratin économique, social, politique, scientifique, « philanthropique » – et qui a pu prospérer sur fond de pédophilie, d’abus de jeunes filles, de torture, d’entraînement au nom du mal pour le mal. Mais les dossiers Epstein révèlent aussi la fragilité de la richesse et du pouvoir entre les mains humaines. On apprend, en somme, que la richesse et le pouvoir ne suffisent pas. Pour pouvoir entraîner ainsi la chute du monde, il faut une malice intrinsèque.

 

Epstein, ce proche des Rothschild

Si la haute finance, si Rothschild contrôlaient tout, de Trump à Poutine comme le disent certains, Epstein ne serait pas tombé, et on ne l’aurait pas suicidé en prison, car il est difficile de croire qu’il se soit « suicidé » lui-même…

Il n’est d’ailleurs pas le premier proche des Rothschild à avoir subi une telle mort. On pense à Amschel Rothschild, heureusement marié avec une riche héritière et père de trois enfants, qui en 1996, à l’âge de 41 ans, serait mort par suicide, pendu à la tringle de sa douche, à l’hôtel Bristol à Paris. La mort fut jugée non suspecte, on ne fit même pas d’enquête. Sa femme voulut y voir l’effet d’une dépression non traitée à la suite de la mort récente de la mère d’Amschel. Est-ce crédible ?

Certains évoquèrent cependant une liquidation opérée par les post-Soviétiques, car cet homme d’affaires se serait intéressé aux ventes d’armes opérées alors par la Russie. Mais ce banquier prouve en quelque sorte, par sa fin tragique, qu’il ne suffit pas d’être aux commandes d’une banque appartenant à la plus grande dynastie financière européenne pour être à l’abri d’un crime, pour servir d’« exemple » et de rappel à l’ordre dirigé vers les siens.

 

L’idée « judéo-maçonnique » méconnaît la vraie nature de la franc-maçonnerie

Bref, pas de « complot judéomaçonnique » là-dedans – les idées maçonniques sont ailleurs ; et notamment dans les idées promues par l’ONU et des institutions analogues qui redéfinissent la morale, les priorités, l’organisation unifiée du monde en plaidant pour une gestion commune, qui au demeurant a plus que des points communs avec la parole prêchée par la Chine (ou les propagandistes de la Perestroïka…) au nom de la gouvernance globale. Se rappeler, à cette occasion, ce que disait Andreï Vychinski, représentant de l’URSS au Conseil de sécurité de l’ONU au moment de la guerre froide et des discussions sur le désarmement nucléaire : « Nous ne ferons pas le monde grâce à l’arme atomique, mais grâce à quelque chose que l’Occident ne comprend pas : nos idées. » Il y a aujourd’hui de ces idées précises et connues : abolition des frontières nationales, lutte commune au nom de l’écologie à laquelle l’homme doit se donner tout entier quitte à sacrifier ses biens, sa liberté, son bonheur puisque « la planète » est devenue notre bien suprême voire le dieu qu’on adore.

Pour revenir au sujet des rappels à l’ordre, on a vu Dominique Strauss-Kahn – homme des Rothschild s’il en est – éliminé du pouvoir par l’affaire tragi-comique de la femme de chambre et de la savonnette. Une telle affaire n’arrive pas non plus par hasard. Elle montre une fois de plus que ce ne sont pas des « judéo-maçons » qui exécutent – moralement, en cette occurrence – ceux qui ne participent pas convenablement et pleinement à la révolution en cours, et qui a décidé de jouer dans un certain contexte la carte moralisatrice, après avoir promu la libération sexuelle à tout crin et tout en continuant de la promouvoir.

 

Epstein prouve que l’argent et la fortune ne suffisent pas à mener le monde

L’argent et la fortune ne suffisent pas à mener le monde. Et c’est encore un exemple du fait qu’une camarilla financière n’est pas aux manettes, puisque la haute finance elle-même n’est pas à l’abri. Par le biais des mesures visant les trusts – qui si longtemps ont permis de masquer les véritables propriétaires de la richesse – au travers de conventions fiscales internationales dont le premier modèle fut créé en 1977 par l’OCDE, on est allé vers de plus en plus de « transparence ». C’est en son nom que l’on permet la recherche et l’identification des « bénéficiaires effectifs » de dispositifs financiers qui jadis étaient plus opaques. La haute finance n’est plus ce qu’elle était. C’est désormais l’ONU qui propose la coopération fiscale à travers une convention-cadre et un registre mondial permettant d’identifier les « bénéficiaires effectifs », et qui propose son propre modèle de convention fiscale visant à cette transparence. Les normes internationales et les organismes internationaux, le plus souvent favorables à une politique de gauche, mènent véritablement à cet égard une politique anticapitaliste.

Le résultat de ces opérations est que des familles comme les Rothschild ne peuvent plus se reposer sur les trusts. Clairement, ils ne possèdent pas un pouvoir leur permettant de contrôler et de dominer de monde, puisqu’ils peuvent être eux-mêmes contrôlés et dominés.

Quel rapport avec Jeffrey Epstein ? Eh bien, le nom de Rothschild – révélant ses rapports privilégiés avec la plus puissante dynastie de banquiers en Europe – apparaît quelque 12.000 fois dans les trois millions de documents relatifs au financier. On apprend ainsi qu’Epstein a reçu en une occasion un paiement de 25 millions de dollars des Rothschild par le biais de sa société offshore, la Southern Trust Company, pour honoraires et frais. Pour quels faits cette somme gigantesque venait-elle récompenser ses services, l’histoire ne le dit pas, mais dans ses courriels, Epstein se vante régulièrement de représenter les Rothschild. Sans compter les autres grands de ce monde

 

Un « complot » dont Israël n’est pas bénéficiaire

Sa compagne, Ghislaine Maxwell, qui est poursuivie en tant que sa complice et rabatteuse de jeunes filles pour ses clients internationaux de haut rang, était la fille du magnat de la presse Robert Maxwell, né dans une famille juive orthodoxe pauvre. Il avait, dit-on, des liens étroits avec les services spéciaux, qu’il s’agisse du KGB ou du Mossad israélien. Lui aussi mourut dans des circonstances bizarres que son épouse a toujours jugé criminelles : encore un « liquidé » ? Ghislaine, elle, est aujourd’hui en prison, après avoir été au cœur du réseau de pouvoir et d’argent constitué par Epstein.

Celui-ci était-il également impliqué dans les services spéciaux ? Il est difficile de ne pas le croire. On peut estimer en tout cas qu’il a exercé à la perfection l’art de compromettre les puissants. Il les a entraînés vers les transgressions les plus extrêmes. Après tout, tout ce qui jadis pouvait faire tomber un adversaire, un ennemi politique, un ennemi – à savoir l’infidélité conjugale, l’homosexualité ou la promiscuité –, est désormais entré dans les mœurs, ou quasi : n’enseigne-t-on pas aux enfants à l’école à découvrir voire à pratiquer la sexualité, n’importe quelle sexualité, dès la maternelle ? Avec une grande hypocrisie, on justifie toute pratique « consentie » en mettant simplement des barrières aux rapports entre majeurs et mineurs. Et on ne compte plus ceux qui, identifiés ou anonymisés dans les documents rendus publics, en ont profité par l’entremise et les sollicitations d’Epstein.

 

L’affaire Epstein s’accompagne d’une nouvelle « éthique » mondiale

Ce fut longtemps, pour les services secrets, un moyen privilégié d’avoir barre sur quelqu’un. Aujourd’hui, c’est la disgrâce pour un grand nombre, du prince Andrew déchu de son titre, à Bill Gates accusé d’avoir transmis une IST à son ex-femme Melinda. Mais il semblerait que le moyen soit aujourd’hui réprouvé. On interdit de facto aux services d’utiliser l’argent ou les mœurs pour corrompre comme cela s’est fait depuis des temps immémoriaux ; aujourd’hui une éthique pharisaïque s’impose. Pharisaïque parce que jamais les transgressions en matière de mœurs n’ont été aussi glorifiées. Elles sont devenues la norme devant laquelle il devient obligatoire, sous menace de sanctions judiciaires dans de nombreux pays sous la coupe de l’idéologie woke, de s’incliner.

Et pendant ce temps, qu’en est-il d’Israël ? L’Etat hébreu a fait l’objet de condamnations quasi-unanimes pour l’affaire de Gaza qui a focalisé l’attention des grandes consciences pendant que d’autres conflits plus meurtriers passent sous les radars. L’Etat palestinien est désormais reconnu par plus de trois quarts des pays du monde. Les juifs sont en butte à la haine de musulmans radicaux mais ce type d’antisémitisme, très présent dans les universités libérales aux Etats-Unis par exemple, n’est guère nommé et dénoncé par les puissants. Voilà qui relativise le poids d’Israël dans la marche des affaires mondiales !

On entend en quelque sorte au contraire susurrer : que vous ayez le pouvoir ou l’argent, que vous soyez l’Amérique ou Israël ou leurs services spéciaux, nous savons lutter contre vous, nous sommes plus forts que vous.

 

Qui a eu intérêt à faire tomber Epstein ?

Mais qui, alors ? Quelle est cette puissance ? Cherche-t-elle à renverser le mal ? Ou plutôt à désespérer l’humanité pour qu’elle s’incline devant un plus grand mal encore ?

Dans l’affaire Epstein, le frère dominicain Paul-Adrien qui publie des vidéos souvent intéressantes, perçoit le mal absolu, voulu pour lui-même, et la force et du diable capable d’agir en « prince de ce monde » pour souiller l’homme fait à l’image de Dieu. Il y voit « un mal au-delà de ce qu’un être humain peut faire… Derrière cela il y a le prince des ténèbres ».

Derrière cela, mais peut-être aussi derrière le scandale qui en résulte ? Suivre les voies de Satan, c’est s’engager dans les voies du mensonge et de la mort, et aussi s’exposer à être exposé. Le démon qui promet les plaisirs de la chair, pouvoir et argent ne procure jamais que le malheur, et ne rechigne pas à lâcher ceux dont il montre le vice au grand jour. Pour entraîner le plus grand nombre dans son enfer fait de révolte contre Dieu et de haine de l’humanité.

 

Anne Dolhein