Epstein : le réchauffement climatique comme « réponse à la surpopulation »

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« Peut-être le réchauffement climatique serait-il une bonne réponse à la surpopulation »… La phrase est de Jeffrey Epstein, s’il faut en croire une nouvelle série de courriels mise au jour par FastCompany.com, et date de 2016. Le destinataire de ce message cynique était Joscha Bach, philosophe et chercheur en IA allemand. Epstein ajoutait : « Le feu de forêt de la terre. Potentiellement bénéfique pour l’espèce. »

Pour bien enfoncer le clou, il écrivait encore (si l’on comprend bien le texte bourré de fautes et de coquilles caractéristique d’Epstein) : « Trop de gens, tant d’exécutions massives de personnes âgées et infirmes ont un sens, car le fait fondamental est que tout le monde meurt un jour. Il est donc impossible de se demander pourquoi pas plus tôt. Si le cerveau se débarrasse des neurones inutilisés, pourquoi la société devrait-elle conserver leur équivalent ? »

 

Epstein croyait à la fois au réchauffement climatique et à la surpopulation

C’est le site Futurism qui reprend et diffuse cette information avec une certaine gourmandise, car lui et FastCompany s’en servent pour apporter une réponse gauchiste : Epstein avait aussi parmi ses interlocuteurs un « négationniste du changement climatique », Bjorn Lomborg (Pauline Mille parlait de lui ici sur RITV) et les propos d’Epstein correspondaient bien à sa pensée à lui et à celle de ses amis de l’« élite ».

Il va falloir m’expliquer en quoi un Bill Gates, un Bill Clinton, un Børge Brende (aujourd’hui à la tête du Forum économique mondial), un Noam Chomsky, un Richard Dawkins, un Peter Mandelson et tant d’autres contacts très en vue de Jeffrey Epstein sont des « négationnistes » du climat…

En revanche, il est vrai que les prétendues « élites » dénoncent la « surpopulation » depuis les années 1960, et que ce discours a entraîné des actions, comme la diffusion de la contraception et de l’avortement légal.

 

Réchauffement climatique et surpopulation : deux grandes peurs diffusées par les soi-disant « élites »

Mais l’idée serait que ce « négationnisme » conduirait à l’inaction, qui conduirait à la souffrance des pauvres, alors que si les pauvres du Sud Global sont aidés et peuvent s’enrichir, la population se contrôlerait d’elle-même. En ayant accès « à un morceau égal de la tarte », sa situation financière améliorée la conduirait automatiquement à avoir moins d’enfants, et le tour serait joué. Favoriser le réchauffement en ne réduisant pas les émissions et en rejetant l’« environnementalisme » entraînerait en effet des effets tragiques…

Ou l’art de se rattraper aux branches, en escamotant par la même occasion le véritable problème actuel dans une grande partie des pays du monde, qui est la dénatalité.

Tout cela me rappelle le souvenir d’un colloque sur le qui s’était tenu à l’UNESCO à Paris il y a au moins 12 ans, et auquel j’avais assisté en tant que journaliste. Discutant avec une responsable du FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) qui participait au colloque où tant la surpopulation que le « réchauffement climatique » et ses conséquences meurtrières étaient à l’ordre du jour, je lui avais demandé si les grandes catastrophes annoncées n’allaient pas permettre justement de réduire la population. Un large sourire traversa son visage. J’avais visé juste…

 

Jeanne Smits