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Espagne : la formation d’un gouvernement dans l’impasse

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Le dirigeant socialiste Pedro Sanchez (g) et chef du parti de gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias (d), à Madrid, le 5 février 2016.


 
L’Espagne semble confrontée à une succession d’échecs dans la formation d’un nouveau gouvernement. Après que Mariano Rajoy, le président de droite du précédent gouvernement, a échoué, et demandé à bénéficier de plus de temps pour y parvenir, c’est désormais au tour des socialistes, sollicités par le roi Felipe V, de se retrouver dans l’impasse.
 
Cette impossibilité à gauche vient du refus du chef du parti de gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, d’entamer avec les socialistes des discussions pour la formation d’un gouvernement si celles-ci devaient inclure le centre-droit, les socialistes ayant sollicité l’appui du parti Ciudadanos, arrivé en quatrième position. « Nous n’allons pas travailler en faveur de la formation d’un gouvernement avec les droites », a déclaré Pablo Iglesias, appelant les socialistes à choir réellement entre droite et gauche.
 

Formation d’un gouvernement espagnol de gauche dans l’impasse

 
« La porte est ouverte pour Podemos afin de commencer à négocier. Je demande à Pablo Iglesias de reconsidérer » cette exigence de négociation « exclusive », a répondu le dirigeant socialiste Pedro Sanchez, qui craint de ne pouvoir aboutir si Podemos campe sur cette position.
 
Pedro Sanchez croit cependant à la possibilité d’une évolution de Podemos : « Il y a des points qui nous séparent les uns des autres, mais il y en a un qui nous unit : que nous devons mettre fin au gouvernement de Mariano Rajoy et du Parti populaire. »
 
Plus d’un mois et demi après les élections, la situation politique reste, en attendant, bloquée en Espagne. Car, avec les seules quarante voix des députés de Ciudadanos, les socialistes, qui en comptent quatre-vingt-neuf, ne peuvent espérer emporter l’investiture. Dans cette perspective, ils se trouveraient en effet confrontés aux plus de cent quatre-vingt élus du Parti populaire et de Podemos…
 

L’Espagne prend le risque de retourner aux urnes

 
Malgré tout, Pedro Sanchez veut croire en sa bonne étoile, et a annoncé vendredi qu’il poursuivait ses efforts et présenterait dès lundi ses propositions en termes de programme de gouvernement.
 
Si la semaine prochaine s’ouvrait sur le constat d’un nouvel échec, et à moins que Mariano Rajoy, se ravisant, obtienne du roi la possibilité de tenter à nouveau sa chance, la seule solution envisageable serait alors de demander aux Espagnols de retourner aux urnes…
 

François le Luc