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Espagne : Podemos marche « pour le changement »

Espagne : Podemos marche « pour le changement »
 
A l’instar de Pegida (et ses déclinaisons) en Allemagne, et de Syriza en Grèce, Podemos, le parti de gauche radicale surgi, comme eux, par génération spontanée en Espagne, a organisé samedi une « marche pour le changement » à Madrid, qui a rassemblé, selon les chiffres officiels, quelque 150.000 personnes. Il ne s’agissait cependant pas d’une manifestation, mais bien du lancement d’une année de campagne électorale qui verra les scrutins locaux, régionaux et législatifs (en 2016) ponctuer les prochains mois.
 
Dans un discours tapageur, le leader du mouvement, Pablo Iglesias, a souligné que cette mobilisation devait montrer que, désormais, « le changement est possible ». Air connu, mais dont rien ne prouve qu’il aura plus d’efficacité qu’en France si, par l’expression du ras-le-bol populaire, Podemos reproduisait le succès que vient de connaître son jumeau grec : « Nous sommes un pays de citoyens, nous rêvons comme Don Quichotte mais nous prenons très au sérieux nos rêves. »
 

La marche de Podemos

 
Pablo Iglesias, 36 ans, a multiplié, en un écho fidèle aux accents querelleurs d’Alexis Tsipras, les attaques contre Bruxelles et sa politique d’austérité, appelant les socialistes à une alliance des gauches pour battre la droite du Parti populaire.
 
A la manière de Barack Obama, la foule scandait, poing levé, « Si se puede, si se puede ! » (Oui c’est possible !), ponctuant le discours virulent de son leader dénonçant tout à trac la haute finance, l’austérité et l’establishment.
 
Néanmoins ce discours ne semble pas avoir de réalité plus ancrée qu’en Allemagne ou en Grèce. A l’exemple de Syriza, Podemos, qui connaît également une magnifique progression dans les sondages, n’a, contre le système bancaire, que l’accent de la colère.Mais Pablo Iglesias serait sans doute aussi prêt à discuter un arrangement s’il parvenait au pouvoir qu’Alexis Tsipras l’affirme désormais, malgré quelques propos volontiers provocateurs de son équipe gouvernementale, à Athènes.
 
Maltraité, le peuple subit l’ascendant d’une irritation verbale qu’aucun passé politique ne permet de corroborer. Et, comme ses frères européens, Podemos joue, avec doigté, un jeu démagogique que la crise facilite grandement.
 

En Espagne, Mélenchon rêve du changement…

 
Jean-Luc Mélenchon, qui rêve sans doute de s’inscrire un jour dans la lignée de ces partis qui semblent réussir, avait fait le voyage de Madrid. « L’histoire est en train de se faire », affirme-t-il. Mais le wagon français a quelque mal à se mettre sur les rails…