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Etats-Unis : augmenter le salaire minimum à 15 dollars de l’heure c’est supprimer 7 millions d’emplois

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Une étude de la Fondation héritage sur le projet d’augmenter le salaire minimum à 15 dollars de l’heure proposé par Bernie Sanders et les Démocrates reviendrait à supprimer 7 millions d’emploi aux Etats-Unis. Même les économistes de gauche le reconnaissent, en privé.
 
Bernie Sanders, concurrent socialiste et malheureux d’Hillary Clinton à la candidature démocrate pour la prochaine présidentielle des Etats-Unis, a proposé au sénat américain une loi (le Pay Workers a Living Wage Act) qui prévoit d’augmenter le salaire minimum de 7,25 à 15 dollars de l’heure en quatre ans. Il a été soutenu par l’adjoint au chef de la minorité démocrate au sénat, Dick Durbin, de l’Illinois, et la mesure figure sur le programme de campagne des Démocrates pour 2016. Plus généralement, selon James Sherk, l’auteur de l’étude de la fondation héritage, l’idée est dans l’air et paraît raisonnable au grand nombre (« mainstream »). Pourtant, l’économétrie le montre sans ambiguïté, ce projet d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent aurait un effet catastrophique : il mènerait à supprimer 7 millions d’emploi.
 

Augmenter le salaire minimum c’est supprimer des millions d’emplois

 
Les éléments du calcul sont simples. 15 dollars nets de l’heure équivalent à une dépense pour l’employeur, en incluant toutes les charges et impôts, incluant l’Obamacare, de 18,61 dollars. Heureux Américains, qui ne connaissent pas encore le vampirisme de la sécurité sociale et de l’administration fiscale à la française ! Mais aux Etats-Unis, c’est déjà trop, et le calcul se poursuit : cela fait une dépense annuelle de 37.700 dollars, une somme que l’employeur ne dépensera que si le salarié lui en fait gagner plus. Ce qui n’est pas le cas pour beaucoup de petits jobs, notamment d’emplois tenus par des jeunes inexpérimentés et non rentables, qui peuvent aujourd’hui se faire les dents et acquérir une expérience qui leur sera profitable, et à leur employeur aussi, plus tard dans leur carrière. D’où, par un effet mécanique, les employeurs vont supprimer ces millions d’emplois d’initiation ou de complément. Des emplois pas forcément reluisants mais qui permettent aux entreprises de tourner et aux employés de vivre.
 

La gauche l’avoue, 15 dollars de l’heure, c’est super dangereux

 
Inutile de rentrer ici dans le détail de l’analyse dont le principe est lumineux. Mais le site conservateur The New American ajoute d’autres raisons de s’opposer à la proposition démocrate. D’abord, les économistes de gauche n’y croient pas eux-mêmes. Harry Holtzer, par exemple, un chercheur qui travaille pour le Brooklyn Institue et le Urban Institute, qui ne sont pas fans du Tea Party, juge qu’augmenter aussi brutalement le salaire minimum serait « extrêmement risqué ». Et le libéral (au sens qu’on donne aux Etats-Unis à ce mot) Dylan Matthews ajoute : « Un phénomène vraiment fascinant est que les économistes de gauche disent en privé qu’un salaire minimum à 15 dollars de l’heure est super dangereux, mais qu’ils n’osent pas le dire en public ».
 

Les Etats-Unis sur le modèle de la France socialiste ?

 
Avec cela, on peut dresser une liste, non exhaustive des événements à prévoir si le projet d’augmenter le salaire minimum à 15 dollars de l’heure voit le jour : une vague de délocalisation vers des endroits où l’emploi est moins cher, une montée du chômage, un endettement consécutif de la sécurité sociale, la croissance d’une mentalité d’assisté, la désocialisation et la délinquance liées au chômage, la précarisation des plus pauvres, à commencer par les Noirs, dont le taux de chômage est passé de 29 % avant la Grande Récession à 40 % et même à certains endroits, tel Chicago, à 50 %. Ce ne sont pas des plans sur la comète : ces conséquences logiques du salaire minimum arbitrairement fixé, et poussé vers le haut, on a pu les mesurer in vivo, dans la France gagnée peu à peu depuis quarante ans par la lèpre socialiste. The New American fait observer que le projet démocrate porté par Bernie Sanders violerait la libre entreprise, l’employeur et l’employé devant rester libres de passer contrat en fonction de leurs seuls intérêts respectifs. Il n’a pas tort, mais c’est le dernier souci d’un socialiste.
 

Pauline Mille