Une nouvelle étude affirme que l’embauche basée sur le mérite est injuste

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L’American Psychological Association (APA) affirme, sur la base d’une étude, que l’embauche basée sur le mérite, c’est-à-dire en fonction des qualifications d’une personne, est injuste. Et qu’il faudrait tenir compte des disparités socio-économiques du candidat, mieux, qu’elles devraient même être au centre de la prise de décision des employeurs. Corriger jusqu’au bout, pour toucher au Graal de « l’égalité des chances ».

S’il est aisé de répondre sur le non réalisme d’une telle proposition, à savoir qu’il est parfaitement impossible de se transformer en détective ou psychothérapeute pour connaître tout d’un candidat, de son accident de moto à 15 ans aux colères de son père alcoolique, en passant par les HLM dans lesquels il a traîné dix ans de sa vie, il est aussi fondamental de cerner à quel point ces tentatives répétées de confondre justice et égalité sont le signe d’une volonté marxiste de redéfinir les paramètres de cette vie sur terre qui demeure foncièrement imparfaite.

Le mérite, c’est-à-dire ce qui rend digne d’estime ou de récompense une personne, étant davantage, selon elle, le fruit de la chance et du hasard, il faut lui dénier la primeur et tendre vers un égalitarisme fabriqué, imposé, négateur de réalité. Parce que la réalité est que, comme disait Orwell dans La Ferme des animaux, « certains sont plus égaux que d’autres ». C’est un fait qui ne doit engendrer ni d’abus, d’un côté, en faisant fi de toute compréhension, ni de rébellion, de l’autre, en voulant y pallier de manière arbitraire. La discrimination positive est un communisme rampant qui tue la charité tout autant que la liberté.

 

« Le mérite creuse l’inégalité » selon l’étude

L’étude a conduit cinq expériences : elles prouvent que lorsque les personnes recevaient des informations supplémentaires sur les antécédents des candidats les moins performants, elles percevaient une égalité des chances nettement inférieure à celle que percevait le groupe qui n’avait reçu aucune information sur leurs antécédents et choisissait d’emblée le candidat le plus performant.

Sa conclusion est donc lorsque l’embauche d’un collaborateur est fondée sur le mérite, c’est-à-dire uniquement au vu de son curriculum vitae, de ses réalisations, notamment en matière d’études supérieures, et de son avancement professionnel antérieur, les personnes qui souffrent de disparités socio-économiques sont d’office désavantagées par rapport aux premières : parce qu’elles viennent de zones à faible revenu, n’ont pas eu accès à l’enseignement supérieur et n’ont dès lors pas pu progresser dans leur carrière.

Bref, si les employeurs connaissaient la réalité totale de la personne, autant à travers ses diplômes qu’à travers son histoire et les soucis qu’elle a dû endosser, liés à sa naissance, son éducation, ses épreuves… ils jugeraient différemment.

Il y a une part de vrai, et d’évident quelque part, si l’on considère que le mérite est lié au seul diplôme et non à la capacité réelle, à la juste et bonne exploitation de ses talents. Embaucher doit récompenser, dans l’idéal, une vraie compétence, avalisée ou pas par un diplôme. Mais il ne s’agit pas de cela. Nous ne sommes ni dans le diplôme, ni dans la compétence, mais quasi dans l’excuse de l’absence de l’un et de l’autre.

 

Pour l’embauche, ne regarder que les points faibles ?

« Les avantages et les désavantages socio-économiques au début de la vie peuvent avoir une influence profonde sur les résultats scolaires, les résultats aux tests, les expériences professionnelles et d’autres qualifications qui constituent la base des processus de sélection “méritocratiques”. De cette façon, les inégalités peuvent compromettre l’égalité des chances », a déclaré l’un des auteurs, Daniela Goya-Tocchetto, professeur à l’Université Buffalo-State University de New York.

Elle conseille donc tout de go aux employeurs de se concentrer sur les désavantages auxquels un candidat potentiel a été confronté plutôt que sur un autre candidat qui a accompli plus dans son domaine et qui a un CV plus approprié.

Il y a une différence entre tenir compte d’un certain parcours, malgré des manques, en donnant sa chance à une volonté et un enthousiasme notables, et systématiser le choix par défaut du parcours « pas d’chance dans ma vie » ! D’abord, on imagine le niveau des entreprises et puis, par-delà les conséquences concrètes, la signification profonde d’une telle ligne de conduite, discriminatoire, poussée depuis des années par la gauche wokiste. Et la pauvreté n’est pas le seul motif de désavantage : si le biais raciste n’a volontairement pas été inclus, l’un des auteurs s’est empressé de souligner qu’on pourrait utiliser cet axe pour lutter contre les inégalités raciales.

C’est tout ce qu’il faut entendre quand Barack Obama disait dans son discours inaugural en 2013 : « Nous sommes fidèles à notre credo lorsqu’une petite fille née dans la plus grande pauvreté sait qu’elle a les mêmes chances de réussir que n’importe qui d’autre… » Il est un idéal de faire en sorte que chacun puisse subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille en développant ses talents autant qu’il le peut. Il ne serait pas un idéal de faire advenir sous l’effet d’une volonté institutionnalisée, une égalité de fortune, au sens premier comme au sens second du terme.

 

La vie est foncièrement injuste – la justice n’est pas de ce monde

Il est vrai que le modèle protestant américain pour qui la réussite personnelle constitue tout le mérite de l’individu peut fournir une image-repoussoir. Les échecs dans le monde sont facilement pour lui des signes de défauts personnels, et ceux qui sont en bas de la hiérarchie sociale méritent, à cette aune, d’y rester : la richesse et l’avantage sont ici la juste récompense du mérite. La vie a pourtant bien chargé Job, sans qu’il puisse en être tenu pour responsable…

S’il ne faut pas céder à cet excès, il ne faut pas à l’inverse, faire fi de toute la réalité diverse du talent et du mérite, en excusant à l’avance tous les manques, les différences, en sacrant l’irresponsabilité foncière de toute vie humaine, somme toute. Car c’est un fait, la vie ne distribue pas les mêmes cartes, et elle est, à ce titre, foncièrement « injuste ».

Il y a toujours, chez les progressistes, cette négation typique de la réalité, qui les veut nouveaux dieux pour changer la face du monde. Ce souci égalitariste, cette obsession égalitaire, ne produiront jamais qu’un paravent pour cacher sa réalité profonde et rémanente et aboutira à un nivellement généralisé contre-productif où les droits individuels seront à la fois impératifs et décidés par autrui : du communisme.

Et d’une, Dieu a voulu cette vie sur terre imparfaite. Et de deux, le regard humain ne peut jamais avoir qu’une reconnaissance partielle du mérite : elle est condamnée à être inexacte. Le jugement parfait du mérite… se fera dans l’éternité et ne sera pas le fait d’un homme. Nous reste le devoir de toujours chercher la justice avec charité et en toute liberté.

 

Clémentine Jallais