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Un numéro d’urgence au Canada pour les demandeurs d’euthanasie, et la complicité forcée des médecins

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Les médecins de l’Ontario hostiles à l’euthanasie seront bientôt face à une nouvelle obligation de participer indirectement à ce crime, si une loi en cours d’examen devant le parlement de la province n’est pas débarrassée par amendement de ses dispositions visant à faciliter l’accès à la mort choisie des patients dont le médecin ne l’approuve pas. Que ce soit en raison d’une objection de conscience personnelle ou parce que dans un cas précis, le médecin est opposé à l’euthanasie pour une personne donnée, une nouvelle ligne téléphonique spéciale doit être mise en place pour permettre aux patients de contourner son avis. Une telle mise en place du numéro d’urgence marquerait la mise en place au Canada d’une logique de persécution pure et dure des médecins provie contraints à une complicité systématique à l’égard de l’euthanasie.
 
La loi numéro 84 (Bill 84) prévoit la mise en place d’une hotline gouvernementale gratuite à l’intention des personnes demandant l’euthanasie ou le suicide assisté, afin de leur permettre de trouver un professionnel de la santé prêt à les tuer. Le projet est celui du ministre de la santé de gauche, Eric Hoskins qui veut ainsi impliquer à la fois les autorités publiques et l’ensemble des professionnels de santé dans la mise en œuvre de l’euthanasie légale.
 

Hotline de la mort : complicité forcée avec l’euthanasie

 
Le numéro d’urgence renverra vers un « service de coordination des soins » afin de « permettre aux patients de prendre contact avec une équipe centrale chargée de les mettre en relation avec des professionnels de la santé disposée à traiter les demandes de mort médicalement assistée ».
 
Alex Schadenberg, Directeur exécutif de l’Euthanasia Prevention Coalition, s’est aussitôt mobilisé contre le projet en soulignant qu’il ne protège en rien le droit à l’objection de conscience des médecins, contrairement aux apparences.
 
Si en effet un médecin ne peut empêcher un patient d’aller se renseigner ailleurs pour faire honorer sa demande d’euthanasie, le principe de la hotline entre pleinement dans le cadre de la nouvelle obligation des médecins de l’Ontario d’assister leurs patients dans cette démarche.
 
Les directives actuelles du collège des médecins et des chirurgiens de l’Ontario (CPSO) obligent déjà les médecins qui ne souhaitent pas tuer leurs patients à leur proposer un « renvoi efficace » vers un collègue plus complaisant. Il en va de même pour l’avortement et la pilule du lendemain : face à une demande, les directives professionnelles des médecins instituent une obligation semblable pour les objecteurs de conscience. Ceux-ci doivent même fournir ces « services médicaux » dans des « situations d’urgence » non précisées.
 

Un numéro urgence pour les demandeurs d’euthanasie

 
La loi sur la mise en place d’une ligne directe, loin de libérer les médecins objecteurs de leur rôle et de leur complicité éventuellement imposés vis-à-vis de l’euthanasie, les obligerait au contraire à « fournir à leurs patients des informations sur la hotline de la mort », ce qui équivaut à un « renvoi efficace » encore plus difficile à éviter dans la mesure où aucun médecin ne pourra s’abriter derrière une difficulté à trouver un confrère euthanasieur.
 
La province de l’Ontario est en voie de choisir une option encore plus radicale, donc, que la province de l’Alberta où une telle ligne d’urgence a été mise en place mais sans aucune obligation pour les médecins d’avertir leur patient de son existence.
 

Les médecins du Canada en première ligne face à la culture de mort

 
Depuis la mise en place de l’accès légal à euthanasie au Canada, 365 personnes sont mortes de cette façon dans l’Ontario entre juin 2016 et le 30 mars 2017. Pour Alex Schadenberg, une nouvelle hotline ne pourrait qu’augmenter le taux d’euthanasie en facilitant la rencontre entre tueurs et victimes – fussent-elles consentantes.
 
La mise en place de la ligne d’urgence s’accompagne de propos trompeurs de la part de Hoskins, laissant accroire que celle-ci éliminerait, comme dans l’Alberta, l’obligation de renvoi faite aux médecins objecteurs ; en réalité, dans l’Ontario, ceux-ci feront pleinement parti du dispositif avec obligation d’y participer.
 
Les Canadiens provies se mobilisent actuellement contre cette nouvelle étape franchie au nom de la culture de mort.
 

Jeanne Smits