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Fabius en Algérie : une collaboration exemplaire ?

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Laurent Fabius était, en début de semaine, en visite en Algérie. A l’issue d’un entretien avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le ministre des Affaires étrangères – qui ne semble pas, cette fois, s’être endormi… – a tenu à saluer les bonnes relations entre l’Algérie et la France : « Nous sommes au plus haut de nos relations (…) qui n’ont jamais été aussi bonnes. » Et d’invoquer une collaboration « exemplaire ».
Cela navrera sans doute ceux qui, d’un bord ou l’autre de la Méditerranée, – et il y en a… –, veulent se souvenir qu’il a pu y avoir une époque meilleure où ces relations ne se résumaient pas à la diplomatie.
 
Mais, sans aller jusqu’aux souvenirs, il y a néanmoins, sur l’époque présente, à redire aux propos tenus lors de cette audience, qui s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, du ministre de l’Industrie et des mines Abdeslam Bouchouareb, et du ministre du Commerce, Amara Benyounes.
 
Qu’est-ce qui est « exemplaire » pour Fabius ?
 
Car, a tenu à ajouter Laurent Fabius, « sur pratiquement tous les sujets, l’Algérie et la France coopèrent d’une façon absolument exemplaire ». Pratiquement tous ? On n’aura pas, de la part du ministre, quelque précision que ce soit…
 
Et pourtant… Tout le monde semble en effet se louer de l’actuel partenariat franco-algérien. A la veille de ce voyage, François Hollande n’adressait-il pas un message à son homologue algérien, dans lequel il déclarait, entre autres : « Il n’est plus un domaine où nos pays ne travaillent ensemble, en confiance et avec la même volonté d’aller de l’avant et de développer encore leurs liens, afin de pouvoir affronter conjointement les défis économiques, sociaux et sécuritaires auxquels font face les sociétés algérienne et française. »
 

Renault en Algérie, pas en France : une collaboration exemplaire

 
Laurent Fabius a tenu à donner en exemple, à ce sujet, l’inauguration qu’il a faite à Oran, avec son collègue à l’Economie Emmanuel Macron, d’une nouvelle usine automobile Renault. Même si, ainsi que l’a souligné Marine Le Pen, « que des ministres français viennent célébrer cet événement au moment où nos propres usines françaises ferment et les délocalisations s’accélèrent, c’est tout bonnement insultant pour les travailleurs français ».
 
Mais Paris est manifestement décidée à passer, en ce domaine, la surmultipliée. Ainsi Laurent Fabius a-t-il évoqué un prochain partenariat dans la construction d’hélicoptères. Un parmi tant d’autres, sans doute, puisque Emmanuel Macron a, de son côté, parlé de vingt-et-un projets en discussion…
 

La langue de bois de Fabius sur Tibehirine

 
S’il y a à redire sur le plan économique, que dire du plan judiciaire à l’heure où la justice française se plaint de certaines difficultés qui lui sont faites par l’Algérie dans le dossier sur l’assassinat des moines de Tibehirine. Pas dut tout, rétorque Fabius. « Ce qui m’est indiqué, c’est que les institutions judiciaires françaises sont satisfaites de la coopération. Le juge Marc Trévidic a pu se rendre à deux reprises en Algérie et nous comptons sur les autorités pour que la coopération se poursuive de façon satisfaisante. »
 
Et tant pis si le juge n’a pu rentrer en France avec les prélèvements réalisés sur les dépouilles des religieux assassinés. Après tout, souligne le ministre, « la procédure doit respecter le droit algérien comme le droit français ». « Ce qui compte, c’est qu’on puisse établir la vérité », conclut-il.
 
Oui, mais laquelle ?
 

Une collaboration qui va jusqu’au masochisme historique

 
La même sans doute que celle qui a présidé, à Alger, lundi soir, sitôt les visiteurs français partis, la remise de prix à neuf journalistes, pour leurs contributions à l’écriture de l’histoire nationale. Parmi lesquelles un article sur la résistance dans les Aurès, un autre sur « les massacres de Dhahra » (là, on remonte carrément à 1845), puis un autre sur le colonel Mohamed Oulhadj, chef de la Wilaya III (mort, il est vrai, à Paris)… Et ainsi de suite !
 
C’est sans doute là ce que Laurent Fabius appelle une collaboration exemplaire ?