Le pape François envoie un vidéo-message sur le climat, les enfants et les migrants à la Clinton Global Initiative

François Clinton Global Initiative
 

S’il fallait résumer en deux mots le vidéo-message du pape François à la Clinton Global Initiative (CGI), mardi, ce seraient ceux-ci : « Tous ensemble. » Ensemble pour confronter les « défis » que sont le soin des enfants (prétexte de l’intervention pontificale), le climat, les migrants, et bien sûr la guerre. C’est lors d’une visite de Bill Clinton au Vatican au mois de juillet que François a accepté d’intervenir virtuellement dans la rencontre de la CGI à New York, où étaient également invités parmi d’autres personnalités fort éloignées de la doctrine catholique à divers égards : le mondialiste socialiste Tony Blair, plusieurs personnalités politiques américaines pro-avortement, le directeur exécutif de Pfizer, Albert Bourla, et Qween Jean, activiste pro-transgenre (on peut voir cet étrange personnage ici, étonnamment accompagné).

Le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, était pour sa part invité pour parler lors d’une table ronde avec Hillary Clinton sur le thème : « Les droits des femmes sont des droits humains : comment fournir les soins d’avortement dans un monde post-Dobbs » (du nom de la décision qui a renversé Roe v. Wade).

 

Le pape François chez les avorteurs et les activistes « LGBT »

Le pape François, en sa qualité d’invité, est-il responsable des invités s’exprimant en la même occasion que lui ? Certes non. Mais en sa qualité de pape, de vicaire du Christ chargé d’affermir ses frères dans la foi, il envoie un message plus que contestable en participant de manière élogieuse et complice aux travaux d’une initiative globale, elle-même dérivée de la Clinton Foundation où l’ex-président des Etats-Unis s’est recyclé avec sa femme et sa fille Chelsea, qui promeut activement l’avortement et l’action climatique à objectifs socialo-collectiviste. En avril 2020, en plein confinement quasi mondial, la Fondation Clinton proposait de célébrer le Jour de la Terre, et de la « Terre Mère », en faisant des visites virtuelles de la nature par écran interposé. Il ne s’agissait plus de diminuer les empreintes des hommes sur notre terre, mais de les effacer tout à fait.

Même si de tels engagements de la part du pape François n’ont rien d’étonnant, vu son engagement affirmé dans Laudato si’ (en attendant la suite annoncée) et les personnalités à qui il a fait les honneurs du Vatican, il est utile d’en souligner l’existence, ne serait-ce que pour en signaler l’incongruité.

Qu’il ne s’agisse pas d’une belle entreprise pour convertir le monde apparaît clairement dans l’absence notable de toute référence religieuse dans le discours virtuel du pape, mardi. Deux vieillards se faisaient face via l’écran : Clinton, les traits momifiés, François, l’œil maussade. Le premier demandait au second de dire quelles sont les « obligations » de chaque personne, même la moindre, en vue de changer notre « monde brisé » : « Que doivent faire les gens ordinaires de leurs journées pour rendre nos sociétés meilleures ? » Vu l’âge des deux hommes, forcément proches de la mort, le pape aurait pu évoquer les fins dernières, et le devoir de chercher d’abord le Royaume de Dieu. Il aurait pu évoquer le Christ – peut-être même Dieu, la Sainte Trinité. Après tout, il était question de morale, de morale de l’action.

Mais de Dieu, de Notre-Seigneur, du bien, du mal, de l’obligation de faire le premier et d’éviter l’autre, il ne fut point question.

 

La Clinton Global Initiative, un concentré des objectifs mondialistes

En revanche, François fit fonctionner ses habituels mots-clefs : « Il est important de diffuser une culture de la rencontre, une culture du dialogue, une culture de l’écoute et de la compréhension… Les difficultés font partie de la vie. Et la meilleure façon de les affronter est toujours de poursuivre le bien commun, mais jamais seul, toujours ensemble… L’unité vaut toujours mieux que le conflit. »

Ces derniers mots font partie des conseils stratégiques du général Perón, les célèbres « quatre principes » que revendique François (comme « le temps est supérieur à l’espace ») et dont Jean-Pierre Moreau, dans La Conquête du Pouvoir, a prouvé qu’ils n’ont rien à voir avec de nouveaux principes chrétiens, mais sortent des écrits du leader « justicialiste » argentin.

Que le pape se soucie des enfants, des migrants, des personnes dont le pays est ravagé par la guerre, quoi de plus normal ? Mais le souci demeure horizontal, mondain en quelque sorte, coupé de ce qui est essentiel : la vérité de notre Dieu, du Christ que l’Eglise est chargée de répandre et communiquer.

Pour le pape François, la première urgence est celle-ci, répétée à plusieurs reprises au cours de sa courte allocution : « S’il vous plaît, agissons sur le changement climatique avant qu’il ne soit trop tard. »

Mais si le monde brûle, c’est d’une autre manière : il brûle pour avoir rejeté Dieu d’une manière dont l’outrance est précisément apparue dans la rencontre organisée par Bill Clinton.

 

Jeanne Smits