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Géolocalisation obligatoire au Xinjiang : la Chine impose le GPS pour tous

Géolocalisation obligatoire Xinjiang Chine impose GPS
 
Le pouvoir central communiste en Chine vient de franchir le pas de la surveillance systématique des citoyens d’une zone réputée agitée : toutes les voitures de la région autonome du Xinjiang, aussi appelé Turkestan oriental par ses habitants sunnites, devront obligatoirement être équipées de GPS d’ici au 30 juin. L’objectif est de permettre la géolocalisation permanente de tous les véhicules motorisés : les voitures personnelles, mais aussi les camions et même les bulldozers et autres engins de chantier seront ainsi reliés au système chinois de navigation assistée par satellite, Beidou.
 
Le Xinjiang est une épine dans le pied du gouvernement chinois : c’est la région de la minorité islamique ouïgoure – peu nombreuse puisque cette vaste zone ne compte que 1,5 million d’habitants – traditionnellement rivale de la majorité han et soupçonnée d’intentions terroristes. Depuis 1949, date à laquelle les autorités centrales chinoises ont remis la main sur le Turkestan oriental qui avait tenté de faire sécession, les Ouïgours sont marginalisés et la Chine centrale pratique une stratégie de peuplement. La minorité islamique représente aujourd’hui 45 % de la population ; elle a presque été rattrapée par les Han, qui ont atteint les 40 % – et qui bénéficient des meilleurs logements et de meilleurs emplois. D’où des troubles récurrents.
 

Au Xinjiang, géolocalisation obligatoire dès le 30 juin

 
Les terroristes se déplaçant en voiture comme chacun sait, la préfecture de Bayingol a expliqué que la mesure vise à « sauvegarder la stabilité ».
 
Et bien sûr, elle ne vise que le bien des habitants : « Tous les véhicules doivent installer le système, de manière à pouvoir être suivis ou qu’ils aillent. Cela permettra également aux propriétaires de voitures de retrouver leur voiture rapidement si elle a été volée ou prise… » par des terroristes, précise le quotidien anglophone lié au pouvoir chinois, le Global Times.
 
Les habitants ont de toute façon peu de chances d’échapper à cette surveillance puisque, aux termes d’une décision dont la teneur a été diffusée dimanche par la police locale de la circulation, les stations-service ne serviront plus les voitures non équipées du système Beidou, pas plus que les conducteurs qui l’auraient endommagé ou omis de payer la redevance Internet annuelle associée de quelque 12 euros.
 

La Chine impose la surveillance systématique des véhicules au Xinjiang

 
De toute façon, toutes les voitures étant immatriculées et donc connues des autorités administratives, il sera facile de vérifier leur mise en conformité qui fera l’objet d’un enregistrement systématique.
 
Voilà qui permettra en même temps de suivre consommation et déplacements : l’histoire ne le dit pas mais on imagine relativement aisée l’opération qui consisterait à vérifier que le passage à la pompe ne revienne pas trop souvent – pas question de siphonner le carburant.
 

Anne Dolhein