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Gérald Darmanin ne rêve pas : l’intelligence artificielle permet une surveillance inédite des réseaux sociaux

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Alors que Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, annonçait dimanche soir une surveillance des réseaux sociaux par le fisc en vue de déceler les fraudeurs vivant au-delà de leurs revenus déclarés ou déclarant à tort être imposables à l’étranger, les nouvelles capacités de l’intelligence artificielle à pister pas à pas les internautes renforcent la vraisemblance de ses « promesses ». Ce n’est pas seulement le fisc qui profitera à l’avenir de ce suivi serré de Facebook, Twitter et autres Instagram : les applications sont innombrables.
 
C’est en particulier dans le domaine de l’embauche que ce nouveau déploiement des artifices de Big Brother s’annonce efficace. Le principal problème jusqu’ici, pour un futur employeur, était l’énorme volume de données à traiter à propos de tel ou tel candidat dont il épluchait les comptes sur les réseaux sociaux. Certains internautes « tweetent » plusieurs centaines de fois par jour et déblayer toute cette information relève de l’exploit. Facebook présente d’autres difficultés : son âge d’abord – il faut remonter beaucoup plus loin dans des comptes plus anciens – et le fait qu’un nombre croissant de ses utilisateurs ont recours aux mesures de protection de la vie privée, ce qui ne permet pas de prendre connaissance d’un profil complet.
 

Gérald Darmanin et sa surveillance réseaux sociaux répondent à une tendance globale

 
L’intelligence artificielle permet de contourner au moins l’un de ces obstacles : celui du nombre des messages à surveiller, aggravée par la remontée dans le temps. Une nouvelle plate-forme d’AI (intelligence artificielle) dénommée Fama « applique l’apprentissage automatique au contenu public en ligne ainsi qu’aux données RH internes ». Le système fonctionne grâce à des filtres capables de repérer des commentaires sexistes ou racistes et déniche les contenus en relation avec « la violence, la drogue et le crime », auxquels s’ajoutent les filtres créés sur mesure pour les entreprises afin de les avertir de toute menace dans leur propre domaine d’activité.
 
Ainsi, Fama met au jour des messages douteux – quel que soit leur âge – pour les fournir directement aux employeurs et aux futurs employeurs.
 

L’intelligence artificielle sur mesure pour surveiller réseaux sociaux au profit des entreprises et des patrons

 
Pour le particulier – par exemple, le parent à la recherche d’une babysitter -, d’autres applications font un travail analogue. Predictim réalise des vérifications algorithmiques sur les réseaux sociaux et attribue à chaque candidat une note de risque allant de un à cinq en fonction de ce qu’il aura mis en ligne. Predictim propose notamment aux candidats de lui rendre volontairement accessibles leur profils et messages privés afin de pouvoir présenter un rapport plus complet aux parents.
 
Tout cela pose bien évidemment la question de savoir s’il est moral de refuser d’engager quelqu’un sur la foi d’une activité en ligne déjà fort ancienne, hors contexte, datant peut-être d’une époque où l’intéressé avait d’autres idées. Et plus encore, c’est la surveillance idéologique qui est ici en cause : à l’ère de #MeToo, n’importe quelle petite phrase pourrait ainsi vous disqualifier à vie.
Anne Dolhein