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Fake news et nouveaux algorithmes : la censure mondiale participative de Google

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Sous prétexte d’éliminer les fake news, Google demande à ses utilisateurs de dénoncer certains contenus.  De nouveaux algorithmes seront ainsi élaborés pour établir une censure mondiale et participative d’Internet.
 
Ça y est Google est sorti du bois. Jusqu’à présent, le géant informatique, comme Facebook, avait annoncé un nouvel algorithme contre les fausses nouvelles, ces fameuses « fake news » dont on nous assure qu’elles ont considérablement pesé sur la dernière campagne présidentielle américaine. Facebook se trouvait pressé d’en faire de même. Et puis, en début de semaine, on apprenait que Youtube voyait baisser ses recettes publicitaires parce que les annonceurs réprouvaient certaines séquences qui faisaient prétendument l’apologie du terrorisme. Voilà de quoi rendre nécessaire aux yeux de certains une certaine censure.
 

Fake news et censure participative

 
C’était déjà un premier glissement. Dans la campagne de justification de la censure sur Internet lancée au début de l’année, l’argument central avait été jusque-là la lutte contre les fausses nouvelles. C’est ainsi que des contrôleurs de contenu se sont portés volontaires dans la presse française pour aider Google en repérant les sites diffuseurs de fake news. Décodex et les décodeurs du Monde figurent parmi les plus prestigieux de ces vertueux dénonciateurs. Cela intriguait un peu : car enfin, la presse française, le Monde en premier, n’a jamais semblé trop effarouchée par la diffusion de fausses nouvelles, de Katyn à Timisoara. On se disait bien qu’il se cachait quelque chose derrière cet accès de rigueur.
 

L’immensité d’internet prétexte de nouveaux algorithmes

 
Ce qui se cachait, Google le révèle aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement d’éliminer les fausses nouvelles, les fake news, mais d’écarter, pour des raisons morales et politiques, certains contenus jugés mauvais.  Sans entrer dans le détail, jusqu’à présent, les algorithmes de recherche sur Google pouvaient mener l’utilisateur, selon Ben Gomes, vice-président de l’ingénierie de Google, à des « résultats inattendu, non significatif et offensants ». Et des méchants pouvaient en profiter : « Aujourd’hui, dans un monde où des dizaines milliers de pages en ligne arrivent chaque minute de chaque jour, certains tentent de rouler le système de nouvelles manières». D’où l’élaboration d’une nouvelle présentation qui permettra désormais aux utilisateurs de dénoncer des contenus « sensibles et qui n’aident pas » afin que Google « améliore ses algorithmes ».
 

L’entreprise de domination mondiale de Google

 
En clair Google installe l’instrument d’une censure participative d’internet. Les utilisateurs sont invités à signaler les contenus « inappropriés », c’est-à-dire plus précisément « violent ou incluant une activité dangereuse ou nuisible », « haineux », « sexuellement explicite », ou encore « autres ». On voit que le flou qui règne dans les catégories « haineux » et « autres » suffit à épingler n’importe quel contenu que le politiquement correct aura persuadé l’utilisateur de signaler, donc à censurer par le biais de Google toute opinion ou toute information préjudiciable au système.
 
L’astuce de cette censure participative est qu’elle fait participer tous les secteurs de l’opinion : en incluant le « sexuellement explicite » Google associe à son entreprise le vieux puritanisme yankee, et en y ajoutant la violence et les activités dangereuses tous les gentils parents de bon sens. En somme, dans un système hyper libéral où il est interdit d’interdire, tout le monde participera à une censure jamais égalée et s’en trouvera satisfait.
 

Pauline Mille