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Le gouvernement peine à régler la question de Calais, la Belgique rétablit les contrôles aux frontières avec la France…

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Le ministre de l’Intérieur belge, Jan Jambon, le 5 février 2016 à Bruxelles.


 
Mardi, le tribunal administratif de Lille a mis en délibéré sa décision sur un référé déposé par huit associations contre l’arrêté d’expulsion de la partie sud de la « jungle » de Calais, prévue ce mercredi. Face à cette délicate question des migrants, le gouvernement tergiverse. Devant ce qui apparaît être tout à la fois une indécision et une faiblesse, devant les risques de voir se diriger vers elle des migrants qu’elle ne peut plus accueillir, la Belgique a pris la décision de rétablir, temporairement, les contrôles aux frontières avec la France.
 
Devant la justice, les associations humanitaires dénoncent une opération décidée, à leurs yeux, sans proposer de solutions de remplacement suffisantes, et soulignent que le nombre de migrants concernés par l’évacuation, de l’ordre d’un millier selon l’Etat, est en réalité plus de trois fois plus élevé.
 

Le gouvernement peine à régler la question de Calais

 
Après s’être rendue sur place, dans la « jungle » de Calais, pour juger par elle-même de la situation, la présidente du tribunal, Valérie Quemener, a déclaré : « Il n’y aura pas de décision aujourd’hui. » Avant d’ajouter : « Le temps de la justice n’est pas le temps médiatique. »
 
Certes ! Mais il y a aussi un temps politique, celui d’une situation dont les conséquences peuvent s’avérer, le temps passant, de plus en plus dramatiques, pour les migrants comme pour les habitants. Ou pour d’autres.
 
Ainsi Jan Jambon, ministre belge de l’Intérieur, annonçait-il ce même mardi, que son pays avait décidé de renforcer ses contrôles à la frontière avec la France, face à cette possibilité d’une évacuation de la partie sud de la « jungle » de Calais, et donc d’un afflux possible de migrants. Il vaut mieux prévenir que guérir…
 

La Belgique décidé de rétablir les contrôles aux frontières avec la France…

 
La Belgique a ainsi déployé 250 à 290 policiers pour procéder à des contrôles aux points de passage avec la France, notamment près de la côte ainsi que dans les environs du port de Zeebrugge.
 
Ce n’est pas là, de la part de nos voisins, pure spéculation. « Nous assistons d’ores et déjà à un déplacement de migrants de Calais vers notre pays », affirme Jan Jambon. « Lorsque les camps en France seront évacués, nous pourrions faire face à un afflux de plusieurs milliers de personnes », ajoute-t-il.
 
Car, même si lesdits migrants semblent rêver d’un eldorado britannique, la Belgique est évidemment plus facile à atteindre…
 
On peut comprendre nos voisins belges, lorsque l’on voit la difficulté de notre gouvernement de régler la question de la « jungle » de Calais – sans parler des autres.
 
« Nous sommes en train d’évacuer, avec méthode, avec le temps nécessaire, ces campements parce que nous ne pouvons pas accepter les conditions terribles dans lesquelles vivent ces migrants qui sont indignes », affirmait, ce même mardi, Manuel Valls.
 
« Nous sommes en train de créer les conditions d’une mise en place d’abris solides, à l’épreuve des intempéries, et 1.200 personnes y ont déjà été accueillies, ajoutait le premier ministre. Il faut apporter une réponse humanitaire à cette situation de Calais ou à Grande-Synthe en mettant à l’abri ces personnes dans des conditions humaines. »
 

Faiblesse publique…

 
Pour la Belgique, le temps semble être synonyme de laxisme, car les migrants pourraient profiter de ce déménagement désordonné pour aller voir ailleurs.
 
D’autant que, comme l’a déclaré le préfet du Nord-Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, le recours à la force publique a été, a priori, écarté pour cette évacuation.
 
Si les autorités montrent aussi peu de détermination, on ne peut que craindre les suites prévisibles d’une telle opération…
 

François le Luc