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Grèce : la déferlante des migrants atteint l’île de Kos

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L’arrivée massive de migrants dans les îles grecques situées en face de la Turquie est en train de devenir particulièrement préoccupante. Notamment sur l’île de Kos, où l’on dénombre désormais plus de 7.000 migrants pour une population de 30.000 habitants. La tension est de plus en plus vive, d’autant que la Grèce, malgré les déclarations du premier ministre Alexis Tsipras, ne sait plus où donner de la tête. Il est vrai qu’à Athènes, les motifs de préoccupations de manquent pas !
 
Afghans, Irakiens, etc. mais surtout Syriens débarquent de toutes parts sur l’île grecque de Kos. Il faut dire que, depuis la Turquie, la chose est facile : les deux côtes ne sont éloignées, en leurs points les plus rapprochés, que de cinq kilomètres…
 

La déferlante des migrants

 
Tous arrivent avec un espoir : quitter rapidement l’île pour Athènes, et au-delà l’eldorado européen. Un eldorado dont ils ne peuvent pas savoir qu’il ne sait plus où donner de la tête face à ces migrants qui arrivent, par centaines de milliers, de toutes parts, alors que nombre de ses habitants d’origine y connaissent déjà une misère dont ils n’arrivent pas à sortir.
 
En attendant, il faut bien gérer la situation. Athènes a dépêché des renforts de policiers et de personnels administratifs, mais cela ne saurait suffire. Pensez donc ! 7.000 migrants pour 30.000 habitants !
 
La tension devient d’autant plus vive que la désillusion est plus grande. Le directeur pour l’Europe du HCR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies) Vincent Cochetel, qui s’est rendu sur place, note que les migrants ont des « attentes incroyables » puisqu’ils sont déjà en… Europe. « Ils pensent qu’ils vont être hébergés dans des centres d’hébergement, et qu’ils vont pouvoir circuler légalement en Europe ou ailleurs facilement », précise-t-il.
 
La réalité est simple : rien n’est prévu face à un tel déferlement. Pas de logements, pas de nourriture, pas de sanitaires : rien !
 
«  On a une situation de chaos total avec l’effondrement des procédures d’identification », ajoute encore Vincent Cochetel. Jusqu’ici, alors que les arrivées n’étaient pas nombreuses, les migrants n’avaient qu’à se rendre auprès des services de police. Après un petit entretien, on prenait leurs empreintes digitales, et le soir même ils pouvaient prendre le ferry pour Athènes.
 

La Grèce n’en peut plus…

 
Aujourd’hui, le flot d’arrivée est devenu intense, et le système est saturé. Bien plus, l’accueil n’est plus garanti. En effet, la plupart des pays européens rechigne à accueillir d’autres migrants, déjà débordés qu’ils sont par tous ceux qui viennent, illégalement ou légalement, par les innombrables routes de la misère.
 
Que faire ? Poussé à bout, un policier a été suspendu pour avoir giflé, lundi dernier, l’un de ces trop nombreux migrants qui cherchait à forcer le passage. Depuis, ses collègues sont passés à la matraque pour tenter de faire respecter un semblant d’ordre. Le maire de Kos, Giorgos Kiritsis, a ouvert le stade de football, mais appelle à l’élaboration d’un « plan durable » avant que « le sang ne coule »…
 

Un plan durable pour l’île de Kos ?

 
Vendredi dernier, Alexis Tsipras a promis des mesures pour améliorer les structures et les procédures d’accueil… tout en avouant que cette question dépassait les capacités de son pays : « Ce problème nous dépasse. La Grèce est un pays qui subit une crise économique, et fait face à une crise humanitaire dans la crise. »
 
Et de dénoncer une solidarité européenne « à la carte » ! « Les pays d’arrivée des migrants ne peuvent se transformer en entrepôts d’âmes humaines et la Méditerranée en cimetière », ajoute-t-il.
 
Que fera Bruxelles face à cet appel à l’aide ? Depuis le mois de janvier, ce sont quelque 124.000 migrants qui ont rejoint la Grèce depuis les côtes turques…
 

François le Luc