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Grèce : impasse et milliards

Grèce : impasse et milliards
 
Le nouveau gouvernement grec ne souhaite pas coopérer avec la troïka – constituée de l’Union européenne, la Banque Centrale européenne, et le Fonds monétaire international – et ne demandera donc pas l’extension du programme d’aide financière, a déclaré vendredi le nouveau ministre des Finances, Yanis Varoufakis. La Grèce répond ainsi au discours américano-européen, en faisant l’impasse sur les milliards promis. Surtout, elle marque son opposition à la politique d’austérité menée par Bruxelles. Reste à savoir s’il s’agit d’une posture post-électorale ou d’une réelle volonté politique…
 
Lors d’une conférence de presse commune avec le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, en visite à Athènes, et qui dû avoir du mal à avaler la pilule, Yanis Varoufakis a expliqué que c’était précisément ce que les électeurs grecs attendaient du nouveau gouvernement : « Cette plate-forme électorale nous a fait gagner la confiance du peuple grec. Notre première initiative gouvernementale ne sera pas de rejeter la logique de la remise en cause du programme [d’aide financière] en demandant son extension. »
 

La Grèce dans l’impasse ?

 
Dont acte, pour l’instant, et jusqu’à la date du 28 février, fixée pour l’heure comme date-butoir à l’aide de la troïka. Les deux parties devront évidemment, a souligné Jeroen Dijsselbloem, décider de la suite avant cette date. Tout en réitérant le discours selon lequel les partenaires de la Grèce ne pourraient maintenir leur soutien à Athènes que dans la mesure où « la Grèce se conforme pleinement aux conditions et aux objectifs du programme ».
 
Le bras de fer est donc engagé, même si Bruxelles le récuse. Jeroen Dijsselbloem a en effet mis en garde le nouvel exécutif grec contre toute tentation de mesure unilatérale.
 
On ne sait, et le ministre des Finances ne l’a pas précisé, comment la Grèce, qui devra rembourser près de dix milliards d’euros d’obligations avant la fin de l’été, pourra y parvenir en maintenant sa position actuelle.
 

Où trouver les milliards nécessaires ?

 
Compte-t-elle trouver des appuis hors de la zone euro ? Yanis Varoufakis se rend dimanche à Londres, où il rencontrera son homologue George Osborne. Compte-t-elle convaincre ses partenaires du bien fondé de sa démarche ? Lundi, c’est à Paris, qu’il discutera avec les ministres des Finances et de l’Economie Michel Sapin et Emmanuel Macron. Mardi, à Rome, où le président du Conseil Matteo Renzi, partisan d’un infléchissement de la politique d’austérité à l’échelle européenne, pourrait lui être plus favorable.
 
En cas d’échec de ces démarches, Alexis Tsipras espère-t-il que la crainte d’un Grexit contraigne Bruxelles à revoir sa politique ?
 
Quoi qu’il en soit, l’Union européenne sera bien obligé de choisir entre sa politique économique et l’intégrité de la zone euro – voire de l’Union elle-même. A moins que l’intransigeance démocratique exprimée jeudi par Jean-Claude Juncker ne le conduise dans le mur les yeux grand ouverts…