Guerre d’Irak : Tony Blair pourrait être poursuivi pour crimes de guerre

Guerre Irak Tony Blair poursuivi
 
Une enquête menée par la Chambre des Lords au Royaume-Uni pourrait aboutir à une inculpation pour « crimes de guerre », et si cela tarde, ce pourrait être en vue de « prolonger l’agonie » de l’ex-Premier ministre britannique, a indiqué un pair libéral-démocrate, Lord Dykes of Harrow Weald. Le ministre aux Affaires étrangères conservateur de 1989 à 1995, Douglas Hurd, aujourd’hui Lord Hurd, a qualifié les retards de « scandale ».
 
On sait maintenant, en effet, quelle a été la teneur des discussion menées entre Tony Blair et George W. Bush, alors président des Etats-Unis, à l’époque de l’entrée en guerre contre l’Irak. Pour les Lords, outre l’incertitude où l’absence d’action place l’ancien Premier ministre travailliste, l’attente prolongée est préjudiciable aux Britanniques qui « attendent avec anxiété de connaître la vérité ».
 

Le rôle de Tony Blair

 
Le rapport Chilcot, qui est censé faire la lumière sur l’implication britannique dans le déclenchement de l’invasion en 2003, accuse Blair d’avoir apporté à Bush l’assurance d’un soutien inconditionnel dès l’année précédente. Au mépris du droit des Britanniques de décider eux-mêmes de leur entrée en guerre en Irak ou non. Le but était bel et bien d’obtenir un changement de régime à Bagdad en faisant tomber Saddam Hussein.
 
Cela fait près d’un an que le rapport est à peu près bouclé. Sa publication avait été réclamée plusieurs fois, notamment par le travailliste Nick Clegg qui craint de voir la lumière faite à une date trop rapprochée des prochaines élections cette année, au détriment du camp travailliste dont il est le champion. Clegg pour qui l’intervention occidentale était « la décision la plus catastrophique depuis Suez ».
 
En même temps l’attente dilue l’éventuelle responsabilité de Blair qui continue de plaider pour l’intervention alliée : en Irak alors, en Syrie aujourd’hui. L’inaction en Syrie peut aujourd’hui être analysée par les partisans de l’intervention comme ayant des conséquences encore plus « catastrophiques » que l’invasion sur la foi de « prétextes fabriqués », ce qui ouvre la porte à une justification a posteriori de la guerre américano-britannique…