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Hamou Benlatrèche, auteur de l’agression à Levallois-Perret, arrêté. Tout est bien qui finit bien ?

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Les six militaires de l’opération Sentinelle blessés le 9 août dernier à Levallois-Perret par un véhicule ayant délibérément foncé sur eux semblent désormais se porter aussi bien que possible. L’après-midi même de leur agression, et après une traque qui a mobilisé un important contingent des forces de l’ordre, l’auteur de cette violente agression, un Algérien de 36 ans, répondant au nom d’Hamou Benlatrèche, et domicilié dans le Val d’Oise, a été arrêté, les policiers ayant dû faire usage de leurs armes après avoir créé un bouchon artificiel dans le Pas-de-Calais où, blessé à plusieurs reprises, il a été hospitalisé avant d’être transféré sur Paris. Tout serait-il donc, comme on tente de nous le faire accroire, bien qui finit bien ?
 
Répondre ainsi positivement, comme nous le serinent autorités et media, est sans doute aller un peu vite en besogne. Sans oublier qu’il a – tout de même ! – tenté d’écraser plusieurs êtres humains, un certain nombre de questions, interrogations ou réflexions méritent néanmoins d’êtres posées.
 
On notera ainsi qu’Hamou Benlatrèche, qui résidait, pour autant que l’on sache, à Bezons, dans le Val-d’Oise, se trouvait ainsi à proximité de Sartrouville, une commune située, elle, dans les Yvelines, commune où se trouve une importante communauté salafiste. Mais, assure son entourage, Hamou Benlatrèche est un gentil garçon qui ne présentait aucun signe de radicalisation.
 

Hamou Benlatrèche, auteur de l’agression à Levallois-Perret : un gentil garçon, inconnu des services de renseignements

 
Ainsi – déclare, la main sur le cœur, Mohammed Benlatrèche, présenté comme son oncle – l’homme travaillait comme livreur et chauffeur Uber. Ce que, semble-t-il, l’entreprise américaine a été incapable de confirmer. Peu importe. Ce qui est plus intéressant, c’est que Mohammed Benlatrèche ajoute : « C’est un gamin très bien. » Et de préciser : « Je ne l’ai jamais vu avec la barbe. »
 
Ce qui rend son témoignage pour le moins suspect… d’ancienneté. A 36 ans, Hamou Benlatrèche n’est assurément plus un gamin. Quant à la barbe, le propos avunculaire est pour le moins contradictoire avec les photographies qui circulent de son neveu, et dont l’abondante pilosité prouve qu’il la porte depuis bien plus d’une semaine. Après tout, un oncle n’est pas obligé d’être proche de son neveu. Mais alors, pourquoi retenir son témoignage ?
 
Il faut dire que les autorités françaises ne font guère mieux, puisque l’on nous serine à longueur de journées qu’Hamou Benlatrèche était inconnu de la justice et des services de renseignement. Et encore moins, bien entendu, « fiché S ». Contrairement, par exemple, aux agresseurs de Nice ou des Champs-Elysées.
 

L’agresseur arrêté, tout n’est pas forcément bien qui finit bien…

 
Et alors ? Cette espèce de naïveté malsaine des autorités françaises n’est pas une première, tant nos gouvernants – ou supposés tels – ont une trouille phénoménale de devoir appeler un chat un chat. On se rappellera ainsi que les attentats parisiens du 13 novembre 2015 avaient été revendiqués, au nom de l’Etat islamique, par un certain Fabien Clain, un Français converti à l’islam, et répondant désormais au nom d’Omar, dont d’aucuns s’étonnaient naïvement qu’il ait pu quitter le territoire national puisque son passeport lui avait été retiré…
 
On peut continuer de nous maintenir sous état d’urgence jusqu’à la fin des temps, voire en transcrire certaines dispositions dans notre constitution, cela ne servira jamais à rien si l’on veut continuer de croire (ou de nous faire croire ?) que les terroristes, notamment islamistes, sont tous de gentils garçons, respectueux des lois de leur pays d’accueil et de la vie de leurs voisins. On constate d’ailleurs, pour renforcer le contre-argument, que le fait de les ficher « S », de les priver de passeports, et autres mesures similaires prises à leur encontre, ne change rien au problème, ni à la réalité qu’il recouvre.
 

La France, un pays affaibli

 
On notera enfin que toute cette agitation – au demeurant, comme on peut malheureusement le constater, assez inefficace –, n’est pas seulement préjudiciable à notre sécurité intérieure, mais aussi à notre défense. Les plans Vigipirate et Sentinelle occupent, pour de bien maigres résultats donc, une part importante de nos forces armées. Rien que l’interpellation du sieur Hamou Benlatrèche a mobilisé quelque 300 policiers.
 
Pendant ce temps-là, nos soldats, dont on réduit encore les crédits, manquent sur les théâtres d’opération extérieure où ils seraient utiles. Peut-on suggérer au chef de nos armées de réfléchir à l’éventualité d’un objectif délibéré de la part de nos adversaires ?
 

Hubert Cordat