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Hans-George Maassen, chef du renseignement allemand, viré pour avoir contesté la « chasse » aux migrants après le meurtre d’un Allemand à Chemnitz

Hans Georg Maassen chasse migrants meurtre Chemnitz
 
Pour avoir osé affirmer que les manifestations organisées contre les migrants à Chemnitz, à la suite du meurtre d’un Allemand – un suspect irakien vient d’être remis en liberté –, n’avaient rien d’une chasse aux migrants, le patron du renseignement allemand (BfV) Hans-Georg Maassen a été prié de dégager. Angela Merkel l’a recyclé à un poste de secrétaire d’Etat du ministre fédéral de l’Intérieur afin de ne pas creuser un peu plus le hiatus avec l’aile droite de sa coalition, la CSU, qui détient ce portefeuille en la personne de Horst Seehofer. Le SPD, partenaire socialiste de Merkel, s’agitait pour exiger la destitution de Maassen.
 

Le limogeage de Hans-Georg Maassen, dernier avatar de la vague d’un million de migrants

 
Le limogeage de Hans-George Maassen est le dernier choc politique en date causé par la vague de plus d’un million de migrants qui a déferlé sur l’Allemagne depuis 2015. Le parti souverainiste et identitaire AfD connaît depuis lors une série d’envolées électorales, obtenant aux législatives fédérales d’octobre 2017 un groupe de 92 députés sur les 709 du Bundestag. La mort à Chemnitz d’un Allemand poignardé en pleine rue dans la nuit du 25 au 26 août, avait créé une vive émotion que les autorités ont tenté de masquer en culpabilisant les participants à des défilés d’hommage à la victime et de protestation contre la violence importée.
 
Depuis longtemps Hans-Georg Maassen était dans le collimateur de la camarilla immigrationniste qui domine l’Allemagne, incarnée par les partis de gauche et par une large partie de la CDU et du grand patronat allemand. Maassen, à la tête du BfV depuis 2012, était visé depuis longtemps. Sa gestion avait été contestée après l’attentat au camion-bélier contre le marché de Noël à Berlin en 2016 (12 morts) menée par le Tunisien Anis Amri tué en Italie lors de sa cavale, et revendiqué par l’Etat islamique. Les médias de l’oligarchie immigrationniste reprochaient aussi à Maassen des contacts avec le parti AfD, pavloviennement qualifié « d’extrême droite » et de réincarnation de la « bête immonde ».
 

Hans-Georg Maassen a osé affirmer que la vidéo amateur montrant une chasse aux migrants était un faux

 
C’est une interview donnée par Hans-Georg Maassen au grand quotidien populaire Bild Zeitung dans laquelle il contredisait ouvertement la chancelière fédérale Angela Merkel au sujet des manifestations de protestation de la population de Chemnitz, qui a mis le feu aux poudres. Maassen y affirmait, contre la thèse visant à culpabiliser les protestataires pour mieux camoufler le crime originel, que le BfV ne disposait d’aucune preuve attestant que ce défilé ait dégénéré en « chasse aux migrants ». Une expression qu’Angela Merkel, du haut de sa chancellerie fédérale, avait reprise à son compte au vu d’une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux. Maassen argumentait de façon claire et nette contre cette thèse : « Il n’existe aucune preuve que l’authenticité » de cette vidéo qui montrait des hommes d’origine étrangère se « faire agresser » à Chemnitz. « Il y a même de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’une fausse information à des fins délibérées, afin de détourner l’attention du public du meurtre commis à Chemnitz », ajoutait Maassen, en spécialiste du renseignement.
 
Les médias de l’oligarchie se sont immédiatement déchaînés. Le bureau allemand de l’agence américaine AP grince que Maassen « n’a fourni aucune preuve pour étayer son affirmation », sans préciser qu’il n’en existe aucune pour prouver le contraire. L’AP dénonce en revanche le fait que « ses commentaires aient été récupérés par le parti d’extrême droite AfD, qui a qualifié (Maassen) de “très bon haut fonctionnaire, capable de critiquer la politique totalement ratée de Merkel en matière d’asile” ». Comme tout ce que touche l’AfD est infréquentable, Maassen est infréquentable, CQFD.
 

“Le Monde” déplore que la destitution de Hans-Georg Maassen « ait fort peu l’apparence d’une sanction »

 
En France, l’organe central du parti libéral-immigrationniste, Le Monde, publie un article prétendument informatif en forme de réquisitoire : « Limogé… mais promu ». Le journal, qui ne diffusait plus que 283.000 exemplaires en 2017 malgré la présidentielle, soit moins de la moitié d’Ouest-France, se pose en procureur, déplorant que « la destitution de Maassen ait fort peu l’apparence d’une sanction ». Le parti de la vertu immigrationniste exige sa ration de réprouvés.
 
En Allemagne, le quotidien des affaires Handelsblatt, habituellement spécialisé dans l’économie et l’actualité des entreprises, fut l’un des fers de lance contre Maassen, affirmant que l’AfD aurait bénéficié d’informations confidentielles en provenance du BfV. D’autres « révélations » ont fuité, sur des rencontres « secrètes » entre Hans-Georg Maassen et l’ancienne présidente de l’AfD Frauke Petry, au cours desquels le chef des renseignements aurait donné des conseils pour que le parti identitaire mène une politique qui lui évite d’être placé sous la surveillance renforcée de ses services. De quoi faire échouer l’entreprise de diabolisation. Un sacrilège.
 

Les partis immigrationnistes se déchaînent contre le poste de secrétaire d’Etat accordé à Maassen

 
Le Monde s’enflamme bien sûr de voir Hans-George Maassen devenir secrétaire d’Etat auprès du ministre Seehofer, qui avait plaidé son maintien à la tête du BfV. Les partis immigrationnistes allemands se déchaînent. « Un faux-fuyant », dénonce le patron du parti libéral (FDP, libéral-libertaire) Christian Lindner. « Une incroyable magouille », a postillonné l’écologiste Katrin Göring-Eckardt. « Un véritable désastre d’avoir à la tête du ministère de l’Intérieur ce duo Seehofer-Maassen », s’est désespéré Ralf Stegner, vice-président du SPD, dont le parti siège dans le même gouvernement.
 
Un sondage Civey pour l’hebdomadaire de gauche Spiegel indiquait lundi que le travail du gouvernement CDU-CSU-SPD était jugé insatisfaisant par 64 % des sondés. Le « en même temps » façon Merkel se dégonfle comme celui de l’immigrationniste et multiculturaliste forcené français Macron. Même causes, mêmes effets.
 

Matthieu Lenoir