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A huit ans les élèves fumaient : en punition le prof les force à fumer

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Des élèves de l’école primaire de Sukabumi, dans l’ouest de Java, âgés de huit ans, ont été surpris par leur prof en train de fumer. Pour les dissuader de continuer, il les a forcés à fumer le paquet. Une vidéo les montrant en pleine punition suscite la polémique en Indonésie. Et ailleurs.
 
Etrange Indonésie. On y compte autant d’îles que dans toute l’Europe et l’Afrique réunies, c’est le premier pays musulman du monde, on y déforeste à machette que veux-tu, et l’on y fume le krétek, un drôle de truc au clou de girofle. On y fume aussi du tabac. En masse. D’après l’OMS, 67,4% des hommes de plus de 15 ans sont fumeurs et 20 % des ados fumeurs ont commencé avant l’âge de 10 ans. Des rumeurs extrêmes courent sur les bébés de deux ans accros, qui fumeraient jusqu’à deux paquets par jour. L’Indonésie est montrée du doigt par l’OMS parce qu’elle n’a pas signé la convention cadre pour la lutte antitabac.
 

Le prof force les élèves à fumer pour les en dégoûter

 
Cela explique le souci du directeur de l’école de Sukabumi, mais sa pédagogie a soulevé un tollé général. Il a donné une conférence de presse pour se justifier : la punition avait pour but d’enseigner aux élèves fautifs les effets néfastes du tabac. Mais d’autres profs le critiquent vertement, relayés par des politiques locaux. La punition du prof serait « irresponsable sur le plan moral et sanitaire ». Des parents comptent retirer leurs enfants de l’école incriminée. En outre, la Commission pour la protection des enfants indonésiens a désapprouvé la punition. Elle estime qu’il en existe d’autres bien plus efficaces – et moins dangereuses. De fait, les gamins n’ont pas l’air de bien comprendre qu’ils sont punis, ou du moins en quoi le fait de fumer est une punition. Ils semblent à la fois perplexes et plutôt contents d’être là. L’effet dissuasif ne semble pas acquis.
 

A huit ans, ils ont l’air plutôt contents de leur punition

 
On demeure soi-même perplexe devant tout cela. La réaction des parents, politiques et journalistes, paraît excessive, le mot de maltraitance a même été écrit, et si tous les gamins qui se sont rendus malades en fumant trois cigarettes avaient dû soit devenir des drogués soit mourir prématurément, la population française serait décimée depuis longtemps. Mais les méthodes du directeur de l’école surprennent quand même. Ce n’est plus vous me copierez dix verbes, c’est, vous me fumerez cinq paquets pour apprendre. Voilà certainement une indication que l’Indonésie ne parvient pas à résoudre son problème de tabac.
 

Pauline Mille