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Socialisme et paradoxe : Bruxelles utilise le mur d’argent contre le peuple d’Italie

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En refusant le budget italien, Bruxelles utilise la dette et les règles de l’UE pour forcer l’Italie à changer de politique. Paradoxe, l’Europe du socialisme mondial dresse un mur d’argent contre un gouvernement qui s’inspire du socialisme, mais qui a le tort de défendre son peuple.
 
C’est arrivé. Depuis 26 ans que ce que l’on appelle à Bruxelles « les critères de convergence de Maastricht » existent, et qu’on le viole, pour une fois un gouvernement, celui de l’Italie, a vu son budget refusé. Ces critères, naguère quatre, sont trois : la dette ne doit pas dépasser 60 % du PIB, les taux d’intérêt à long terme ne doit pas dépasser de plus de 2 % la moyenne des trois pays les moins inflationnistes, et le déficit public doit être inférieur à 3 %. Il faut remplir ces trois conditions en même temps pour faire partie de la zone euro. Or depuis cinq lustres, à part les éternels mêmes bons élèves, personne ne le fait.
 

Le mur d’argent est plein de paradoxes

 
La France par exemple, qui a envoyé à Bruxelles le très gourmé Pierre Moscovici pour y tenir, à la commission européenne, le rôle de comique, pardon, de commissaire, économique, a une dette qui frise les 100 %. Et le budget de l’Italie est refusé par Bruxelles alors qu’il propose un déficit fixé à 2,4 % du PIB, soit dans les « clous » de Maastricht.
 
Mais dès que les choses deviennent complexes et politiques, les experts en disputent, c’est vieux comme Vadius et Trissotin. On nous explique que l’Italie est pleine de mauvaise foi et de mauvaise volonté, que ce n’est pas une affaire de chiffres bruts, mais de tendance, et de rapport entre les trois « critères » (il est vrai que la dette de l’Italie, plus de 130 % du PIB, est fort importante). Bref, les manquements des autres Etats membres étaient tolérés, avec des remontrances, parce qu’ils allaient dans le bon sens, mais l’Italie, elle, montre qu’elle se fiche de la règle du jeu.
 

Pour une fois, Bruxelles n’a pas rédigé le budget de l’Italie

 
C’est ce que Pierre Moscovici a voulu noter à Bruxelles : « Nous ne sommes pas face à un cas borderline (ndr : douteux, limite, discutable) mais face à une déviation claire, nette, assumée et, par certains, revendiquée ». Il exprime ainsi la déconvenue de Bruxelles devant le changement de l’Italie : le précédent gouvernement avait prévu de réduire le déficit public à 0,8 %, en provoquant ce qu’on nomme des « réformes de structures ».
 
Chacun à ce sujet convoquera ses propres experts pour établir ce qui est acceptable du point de vue de la technique économique, afin de justifier son point de vue politique. 
 
Luigi di Maio, vice-premier ministre italien du Mouvement 5 étoiles, a répondu que l’Italie était maîtresse chez elle : « C’est le premier budget italien qui ne plaît pas à l’UE. Cela ne m’étonne pas : c’est le premier budget italien qui a été rédigé à Rome et non à Bruxelles ! » Il n’appartient pas à la Lega mais pose une question politique : à qui est-ce de décider du destin de l’Italie, ou de tout autre Etat membre de l’UE ?
 

Bruxelles, capitale intangible du socialisme européo-mondialiste

 
Bruxelles y a donné une réponse claire : à elle-même. Plus exactement à la Commission européenne. C’est le plus intéressant et le plus important. Dans les démocraties qui régissent l’Europe depuis deux cents ans sur le modèle de l’Angleterre, les gouvernements proposent leur budget et les parlements en disposent. Deux instances pouvaient donc faire valoir leur droit à apprécier le budget de l’Italie, l’approuver ou le rejeter : la diète des Etats Membres, c’est-à-dire le conseil des ministres européen, ou le parlement européen. Or, c’est la commission qui a statué. C’est-à-dire qu’un aréopage de hauts fonctionnaires imbus de l’idéologie européo-mondialistes s’est arrogé les pouvoirs exécutif et législatif. Ce n’est pas une opinion qu’il serait légitime de discuter, c’est la constatation qui doit se faire de la pratique des institutions.
 

Le mur d’argent, rempart du socialisme contre la volonté du peuple

 
On verra comment cette crise se résoudra du point de vue pratique. Di Maio et Salvini jouent sur le velours, tout le peuple d’Italie est rassemblé derrière eux contre la tyrannie de Bruxelles. La commission de son côté doit la jouer finement : lancer les sanctions économiques prévues serait sans doute pousser à la sécession, et pas seulement de l’Italie ; ne rien dire serait encourager les autres gouvernements à en prendre à leur aise. Alors, elle se défausse sur les marchés financiers, qui spéculent ouvertement sur l’énorme dette italienne. 
 
Les taux d’intérêt sur celle à dix ans se sont envolés, en même temps que la valeur de celle-ci diminue. La menace, si les banques italiennes s’affolent, est la ruine du pays. La garde de Bruxelles, le suprême espoir de la Commission, est donc le mur d’argent qu’elle dresse contre le peuple d’Italie. Le résultat est aujourd’hui imprévisible, bien que les forces soient nettement dessinées : il dépend des hommes. Amula blandula, parvula, disait l’autre.
 

L’Italie et Bruxelles dans la guerre de sécession

 
Vu d’un peu plus haut la question peut se poser ainsi : y a-t-il encore une voie pour la souveraineté des nations ? Ou : comment le Système mondialiste utilise-t-il les institutions internationales et les marchés pour empêcher la sécession d’un membre mécontent. Car ce qui se passe depuis le Brexit et l’élection de Trump n’est rien d’autre qu’une guerre de Sécession à froid.
 
Les Etats se trouvent aujourd’hui ligotés par des décennies d’un patient grignotage mondialiste, une espèce de filet mou jeté sur nos sociétés par les mœurs, les habitudes, les règlements, les lois, ensemble polymorphe extrêmement pesant qui tire son autorité et son caractère contraignant des traités internationaux, production ultime des nations aujourd’hui utilisés pour annihiler ces nations. Et puis il y a la dette.
 

Le paradoxe infernal de la dette finit en contrainte par corps

 
La dette, ça c’est le drame. Le vrai piège. La dette est un chemin de roses qui mène en enfer. Victor Hugo, Nerval, utilisaient ordinairement le mot dettier pour désigner une catégorie particulière de prisonniers dans les prisons de France, ceux qu’avaient frappé la contrainte par corps, c’est-à-dire ceux que leurs créanciers avaient fait jeter en prison parce qu’ils ne pouvaient honorer leur dette. C’est ce qui nous arrive. Les Européens sont des dettiers sur lesquels le système mondialiste exerce sa contrainte par corps. 
 
On a beaucoup glosé sur la loi de 73, machin, mais les détails importent moins que le processus. Qu’avons-nous acheté avec la dette ? Des piscines municipales sous Pompidou, du chômage indemnisé à 90 % (si !) sous Giscard, des immigrés sous Mitterrand, et le remboursement de l’avortement, et les trente-cinq heures, et le bouquet toujours plus fourni de manifestations délirantes d’un socialisme qui tend à la fois à ruiner l’économie et à détruire la société existante. Nous avons acheté à crédit la mort de nos nations : le système anti-national nous présente aujourd’hui la note pour nous interdire tout redressement.
 

Le socialisme au service de Bruxelles : Caviar dans la débine !

 
Par dessus tout, nous nous sommes drogués. Quand nous achetions les poisons qui nous tuaient à petit feu, l’argent que nous dépensions rendait l’opération indolore. Le socialisme nous ruinait, la dette nous donnait des fins de mois royales. C’était le caviar dans la débine. Foie gras, champagne à s’en faire péter la sous-ventrière ! Mitterrand comme Hollande sont de merveilleux personnages de Labiche. Bien sûr, la mort ne fait pas crédit éternellement. La dette est une drogue, le mot addiction le dit, et vient un moment où le système raccourcit la laisse. Oui, madame France, oui, madame Italie, vous avez dépensé des milliards avec votre politique d’immigration, ces milliards me sont dus ; si vous ne continuez pas votre politique d’immigration, je vous étrangle.
 

Un mur d’argent, même socialiste, n’a pas d’oreilles

 
Le mur d’argent n’a pas plus d’oreille qu’un autre, de cœur moins encore. Le sort des peuples, celui d’Italie, ne saurait l’émouvoir. Le chantage qui s’exerce sur l’Italie est à la fois simple, cynique et grossier. Il faut vraiment être bête comme Moscovici pour s’imaginer que la petite morale qu’il prétend appuyer sur l’économétrie et le droit communautaire convaincra qui que ce soit.
 
Que peut faire l’Italie, concrètement. Les deux démagogies légitimes et salutaires qui partagent l’exécutif ne vivent que par et pour le peuple d’Italie, son exaspération, son espoir. Il y a dans cet espoir une part de nécessaire (depuis l’euro, les salaires baissent) et une part de rêve que deux siècles de socialisme fantasmé y ont déposé. D’où le budget présenté, nécessaire à la fois à la concorde du gouvernement et à l’enthousiasme du peuple.
 

Le peuple d’Italie ne supportera pas dix ans d’immigration de plus

 
L’Italie, comme tous les autres peuples d’Europe, ne sortira du désespoir et de la drogue de la dette que par la joie et l’élan de son peuple. Alors les puristes diront, mais ce budget est socialoïde, il aggrave encore, même si c’est dans une faible proportion, la dette de l’Italie. 
 
Sans doute. Mais n’oublions pas trois choses. La dette n’est pas une mesure stricte du socialisme, qui se manifeste par bien d’autres choses, la nature des dépenses par exemple. L’Italie de Conte est moins socialiste que l’Italie de Renzi.
 
Deuxièmement la hausse actuelle ne pèse rien, vu de haut : depuis 38 ans l’Europe ne cesse de s’endetter à une vitesse jamais vue avant en temps de paix, et les critères de Maastricht n’y ont rien fait. Même la dette publique de l’Allemagne atteint 64 % du PIB, celle du Luxembourg presque un quart.
 
Enfin, ce que le Système socialiste supra-national reproche à l’Italie, ce n’est pas le socialisme, mais la défense du peuple et de la nation. A l’inverse, on ne meurt pas d’un petit supplément de socialisme pourvu qu’il ne soit pas supra-national. Dix ans de socialisme à l’italienne, ce n’est pas l’idéal, dix ans de plus d’immigration massive, c’est la fin de l’Europe.
 

Pauline Mille

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