Jean-Marie Le Pen attaque le Front national et lui réclame deux millions

Jean-Marie Le Pen attaque Front national deux millions
 
L’annonce, quand on veut bien y penser une seconde, a quelque chose de surréaliste : Jean-Marie Le Pen a déclaré mercredi attaquer le Front National et lui réclamer deux millions d’euros de réparation au titre du préjudice moral qu’a constitué pour lui son exclusion – exclusion qu’il conteste donc une nouvelle fois devant la justice.
 

Jean-Marie Le Pen attaque le Front national

 
Dans une assignation de 65 pages, Me Frédéric Joachim, le conseil de Jean-Marie Le Pen, demande à la justice de « dire que le Front national a commis de graves fautes envers [son client], constitutives d’un très lourd préjudice porté à sa renommée, à sa dignité, à son honneur et à son action politique et de condamner le mouvement à lui verser la somme de 2 millions d’euros à titre de réparation ». Et, bien sûr, de le réintégrer au sein du mouvement qu’il a fondé.
 

Deux millions de réparation

 
C’est donc justice que Jean-Marie Le Pen demande tout d’abord. Quant à la réparation réclamée, il s’en explique en affirmant : « Je demande deux millions parce que je voudrais que les responsables de cette injustice aient aussi une responsabilité financière devant leurs adhérents. » Avant d’ajouter : « C’est une réparation morale (…) ça ne me paraît pas extravagant. »
 
Jean-Marie Le Pen peut se permettre d’avoir recours aux tribunaux, puisque, outre sa grande expérience en ce domaine, il peut déjà se prévaloir de trois décisions en sa faveur dans ce dossier qui l’oppose à sa fille et successeur à la tête du FN.
 
Une opposition dans laquelle il ne se retrouve pas seul, puisque l’ancien président du Front national souligne que plusieurs de ses fidèles ont été écartés des listes électorales du parti. « On s’efforce de frapper pour l’exemple un certain nombre de gens qui ont manifesté leur désaveu de la sanction qui m’était infligée », souligne-t-il.
 
Pour autant, s’il espère bien obtenir réparation de la « faute politique » de sa fille Marine, Jean-Marie Le Pen ne se veut pas dans la logique d’une offensive à outrance. Il souhaite, au contraire, demeurer au Front national et mettre un terme à ce conflit. « Toutes les guerres, explique-t-il, se terminent par des armistices et par des paix, je souhaite que celle-ci soit le plus rapide. »
 
Néanmoins, cela ne peut se faire sur la base d’une injustice. « On ne peut pas défendre la justice pour tous les Français quand on ne l’applique pas à son propre père », conclut-il.
 

Rencontres avec sa petite-fille

 
Des ponts sont donc envisageables ; certains existent déjà. Notamment avec Marion Maréchal-Le Pen, avec laquelle il a eu plusieurs rencontres ces derniers temps. « Il ne vous aura pas échappé que Jean-Marie Le Pen est aussi mon grand-père et qu’il m’arrive de déjeuner avec lui », a rétorqué cette dernière sur les ondes à un journaliste qui semblait s’étonner qu’elle déjeune avec lui.
 
Mais ces rencontres semblent avoir aussi un aspect plus pratique. Contrairement à sa tante qui se veut intransigeante sur le sujet, Marion sait que son avenir lors des prochaines élections régionales en PACA peut être bouleversé par cette crise familiale. Que son grand-père, sans même y prendre part, ne fasse que laisser se constituer une liste dissidente composée de certains de ses proches pourrait lui coûter cher dans les urnes.
 

Un rapprochement délicat

 
Dès lors, Marion Maréchal Le Pen envisage, semble-t-il, d’intégrer certains des proches de son grand-père sur sa liste en échange d’un soutien de ce dernier. « Elle doit faire le mélange savant entre les anciens et les modernes », confirme Jean-Marie Le Pen.
 
Penser que tout serait dès lors réglé serait trop simple. Ce serait compter sans Marine Le Pen qui a ses têtes, comme on dit communément, et ne veut pas les voir apparaître sur quelque liste FN que ce soit. Pour la tête de liste en région PACA, qui a déjà quelques soucis d’approche stratégique avec sa tante et présidente, l’alchimie risque de se révéler on ne peut plus délicate…
 

François le Luc