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« Jésus, l’enquête » : jusqu’au bout des preuves de la Résurrection


 
Peut-on – impunément, oserai-je dire – enquêter sur le Christ, sans en être profondément bouleversé ? Alors que le film à caractère religieux (L’apparition, La prière, etc.) semble faire son retour dans les salles obscures, Jésus, l’enquête perce, une semaine après sa sortie, avec déjà plus de 20.000 entrées.
 
Distribué par SAJE (qui monte en puissance depuis l’époque de Cristeros), Jésus, l’enquête est une très intelligente histoire de conversion. Pas de côté kitsch, malgré son origine hollywoodienne, le réalisateur Jon Gunn ayant centré son film sur l’aventure intellectuelle – qui n’exclut pas pour autant les sentiments – de son personnage principal.
 
Jésus, l’enquête est avant tout une histoire vraie, celle de Lee Strobel, journaliste reconnu du Chicago Tribune – et athée revendiqué ; et, à l’occasion, militant. Une histoire vraie dont il a lui-même écrit l’histoire, devenu un succès mondial, The Case for Christ.
 

La véritable histoire de “Jésus, l’enquête”

 
Cette histoire – son histoire – est celle d’un homme à qui tout sourit. Journaliste reconnu, mari amoureux, père comblé, rien, semble-t-il, ne manque à Lee Strobel, d’autant qu’il est ce qu’il est convenu d’appeler un self-made man, un homme qui s’est construit lui-même, et qui ne doit rien, ou presque, aux autres. Et surtout pas à Dieu – quel qu’Il soit. Jusqu’au jour tragique où il va croiser le chemin de Celui qui s’est donné pour lui…
 
En attendant, Lee est d’autant plus comblé que Leslie, son épouse, attend leur deuxième enfant. Au succès professionnel, répond la réussite familiale. Un jour pourtant, tout bascule. Au cours d’un dîner au restaurant, sa fille manque de mourir étouffée. Heureusement, une infirmière qui dînait là délivre l’enfant de la nourriture qui lui bloque la respiration. Pour Lee, ce n’est qu’un incident qui se termine bien. Mais il s’aperçoit bientôt que, pour Leslie, il en est allé tout autrement…
 

Le temps des interrogations

 
Peut-être parce que la maternité est l’art de donner, Leslie, à partir de cet incident qui aurait pu être tragique, s’interroge sur le sens de la vie – de sa vie. Elle s’en ouvre à l’infirmière qui a sauvé sa fille – infirmière qui se trouve être chrétienne. A partir de là, un long cheminement la conduira, petit à petit, à étudier les Ecritures, puis à se faire baptiser… Précisons que toute l’histoire se situe dans le milieu américain protestant. D’aucuns pourront en être surpris. Mais cela ne change rien, fondamentalement, à l’enquête que raconte le film : la volonté de Lee Strobel de prouver à sa femme – et, pourquoi pas ?, au monde entier – que le Christ n’est pas ressuscité. Et, que, de ce fait, le christianisme n’est qu’une immense imposture.
 
En attendant, Lee Strobel est on ne peut plus malheureux. Athée revendiqué, il vit la conversion de son épouse comme une véritable infidélité, qui pourrait bien mettre un terme définitif à son mariage. Il décide donc, le désespoir et la boisson aidant, d’y mettre bon ordre…
 

Combattre les preuves de la Résurrection

 
Son enquête – pour ne pas dire sa quête, tant il est vrai qu’elle devient le but de sa vie – le mènera loin. Aux Etats-Unis comme partout dans le monde, il cherche des réponses prouvant que le récit évangélique n’est, au mieux, que la sympathique illusion forgée par quelques gogos désespérés à la suite de la mort de leur mentor. Athées ou croyants, il interroge les plus grands spécialistes dans tous les domaines qui peuvent avoir un lien avec le récit de la mort et donc de la résurrection du Christ.
 
C’est un immense filet qu’il jette ainsi – pour accumuler, au fil du temps (et l’on peut regretter que le film ne nous en donne qu’un faible aperçu), des preuves contraires à son désir. Où que Lee Strobel tourne ses regards, en effet, il ne voit que des confirmations, et des confirmations scientifiques, du récit évangélique. Et lui qui a fondé tout son métier sur la force des faits en est bouleversé…
 

Une nouvelle victoire du Christ

 
Mais il n’entend pas se rendre sans combattre. Et il poursuit sa lutte, comme un véritable acharné – « Cherchez-vous la vérité, ou des faits qui appuient vos convictions ? », lui lance l’un des spécialistes auprès desquels il s’acharne. De fait, il se bat, sans s’apercevoir que, plus le temps passe, plus c’est lui qui se prend dans son propre filet. Jusqu’à ce qu’il arrive là où il ne voulait pas aller. Un beau jour, Jérémie des temps modernes, il avoue au Christ qu’Il a vaincu !
 
Si l’histoire est belle, le film ne la dépare pas. D’autant que Mike Vogel et Erika Christensen incarnent de façon très juste ce couple qui se déchire autour du Christ. Jusqu’au jour où la lumière de la vérité jaillit, comme elle fait, depuis qu’Il est venu dans ce monde, pour tout homme.
 

Hubert Cordat