La justice anglaise se fait médecin et condamne un bébé à mort

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L’affaire Vincent Lambert a servi pendant six ans, de 2013 à 2019, d’entrainement rhétorique et opérationnel aux partisans de la culture de mort pour imposer celles-ci aux blessés et malades tenus par eux pour incurables. Choisissant une partie de sa famille contre l’autre, une partie des médecins contre l’autre, la justice a finalement décidé du destin d’un homme, dans un va-et-vient interminable qui a promené le patient de plus haute juridiction en plus haute juridiction, conseil d’Etat, Cour européenne des droits de l’homme et Cour de Cassation. Le même type de processus est aujourd’hui en route au Royaume-Uni, où la Haute Cour anglaise a condamné à mort un bébé de huit mois atteint de maladie mitochondriale.

 

Un médecin décide la mort d’un bébé

Les maladies mitochondriales touchent un nouveau-né sur cinq mille environ. La petite Indi Gregory en est affectée et les médecins du Queen’s Medical Center de Nottingham estiment qu’elle est incurable et que les soins à lui donner avant d’arrêter le traitement ne peuvent être donnés qu’à l’hôpital. Les parents, souhaitaient le retour de la petite fille à leur domicile d’Ilkeston pour poursuivre les soins. Ils ont déjà saisi la Cour d’Appel de Londres et la Cour européenne des droits de l’homme, en vain. La Cour suprême les déboute une nouvelle fois, décidant à la fois de retirer l’assistance médicale à la vie et de garder la petite à l’hôpital avant sa mort. Le Christian Legal Center, qui soutient la famille annonce se pourvoir contre la décision de la Haute Cour.

 

La justice anglaise joue horriblement sur les mots

Cet acharnement pro-mort, caractéristique de l’ensemble des juridictions européennes, surprend d’autant plus que, dans le cas d’Indi contrairement à celui de Vincent Lambert, il n’y a pas de divergences d’opinion dans la famille, tous sont pour tenter de poursuivre un traitement. De plus, une solution pratique a été trouvée. Grâce à l’association italienne Pro Vita Famiglia, l’hôpital romain de l’enfant Jésus s’est proposé pour traiter la petite, et le gouvernement italien lui garantit la nationalité italienne pour permettre son transfert. Mais le juge Peel, auteur du jugement, a fait la sourde oreille. Ce qui a mené Jacopo Coghe, de Pro Vita Famiglia, à twitter : « Des juges anglais condamnent à mort une citoyenne italienne, en se fondant sur la notion horriblement détournée par l’euthanasie de “dignité de la vie”. »

 

Pauline Mille