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La vidéo : archives musicales, le pianiste Georges Cziffra, perle rescapée du communisme


 
Georges Cziffra, pianiste virtuose d’origine hongroise (1921-†1994), fut naturalisé français en 1968 après avoir fui son pays durant la révolution de 1956.
 
Sans rien qui « pèse ou qui pose », son jeu reflète l’expérience d’une vie hors du commun et d’un don, celui d’une oreille extraordinairement musicale. Enfant pauvre mais surdoué d’une famille tzigane elle-même musicienne, il participa à la Seconde Guerre mondiale, enrôlé successivement dans les deux camps opposés.
 
Condamné aux travaux forcés de 1950 à 1953 pour son opposition au régime communiste hongrois, il eut à porter les lourds blocs de pierre destinés aux forçats et en garda des séquelles sur ses articulations – d’où l’usage de son fameux bracelet en cuir au poignet droit pendant plusieurs années.
 
Puis il émigra jusqu’en France, où il créa en 1966 un festival de musique destiné à restaurer l’abbatiale de la Chaise-Dieu en Auvergne. En 1975, il créa également la Fondation Cziffra à Senlis dans la Collégiale Saint-Frambourg, tombée à l’abandon, qu’il racheta et dont il finança la rénovation. Ces deux lieux de prière, à défaut d’être à nouveau pleinement consacrés au culte catholique, ont donc pu être sauvés de la ruine, voire de la destruction, en cette période où tant d’églises sont menacées de pareil sort. La fin de son existence fut obscurcie par la douloureuse épreuve de la perte de son fils unique, chef d’orchestre.
 
Dans cette vidéo, le silence après la dernière note de cette fantaisie-impromptu de Chopin ainsi que le regard de ce pianiste sont aussi éloquents que ses doigts et sa musique.