C’est le nombre de fidèles qu’a perdu l’Eglise catholique en Allemagne en dix ans : il y en avait près de 24 millions en 2014, il en reste nettement moins de 20 millions en 2024, soit 27,3 % de la population. On le sait précisément car, rappelons-le, l’Allemagne est toujours pays de concordat et les fidèles sont tenus de s’inscrire sur des registres. Quand, pour une raison ou une autre, ils apostasient, ils se désinscrivent et ne doivent plus acquitter l’impôt lié au culte. Les pertes de l’Eglise catholique en Allemagne sont la somme des désinscriptions et des décès. En 2024, 322.000 catholiques allemands ont quitté l’Eglise et 212.000 sont morts. Ceux qui restent ne semblent pas en meilleure santé chrétienne. La pratique dominicale stagne à 6,6 %, plus forte à l’Est, plus faible à l’Ouest, notamment dans les régions traditionnellement catholiques, Bavière et Rhénanie. Cette même disparité géographique s’observe dans la désaffection des Allemands pour les sacrements, dont les données d’ensemble sont les suivantes. En dix ans, les baptêmes et les confirmations ont diminué de 30 %, les premières communions de 20 %, les mariages enfin de 49 %. Les fameux théologiens allemands hier ni le chemin synodal aujourd’hui ne semblent réussir à évangéliser l’Allemagne.