Auditionnée par Charles Alloncle à la commission d‘enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, Rachida Dati, qui en est le ministre de tutelle, a estimé que France télévision et Radio France ne pouvaient pas rester en l’état : « Le statu quo n’est plus une option, la réforme est incontournable, nécessaire et indispensable. » Mais surtout, à quelque temps de démissionner pour faire sa campagne municipale, elle a répondu presque franchement sur la question es conflits d’intérêt qui foisonnent. Alloncle exposa deux cas. Celui de Nathalie Darrigrand, ancienne directrice des programmes de France Télévisions et de France 5. Ayant signé dans le cadre de ses fonctions de gros contrats avec la société Together média avant d’être licenciée par France Télévisions, elle était engagée juste après directrice générale de Together média. Et puis le cas de Takis Canilis, directeur général de la société de production Banijay France pendant un an, devenu en 2017 responsable des programmes chez France Télévisions, avant de revenir chez Banijay en 2020. Pour Alloncle, une telle « navette » pourrait relever du « pénal ». Ce n’est pas l’avis de Rachida Dati, qui exhorte précisément le Parlement à légiférer pour combler un vide législatif afin d‘éviter les conflits d‘intérêt, « les contrôler, les empêcher. Sans encadrement, tout est possible, comme dirait l’autre, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé ». En fait, elle décrit, d‘expérience, une façon de faire, une mentalité, un entre-soi : « On souffre d’une certaine forme de consanguinité dans certains milieux, sans aucun contrôle. (…) On considère que c’est normal, on est du même monde et du même milieu, donc on passe d’un univers à un autre ; finalement, ça (parait) quasiment normal, alors que ça ne l’est pas. » Cela décrit assez bien ce sérail parisien installé dans les années 80 par le tandem Mitterrand Jack Lang. C’était le temps du « Ni ni », où la barrière entre privé et public était volontairement estompée pour permettre des pantouflages faciles aux hauts fonctionnaires et un gouvernement de toutes les affaires par une même caste dont les chefs sortaient de l’ENA. Le temps aussi du tout puissant bouffon ministre de la Culture Jack Lang, qui présentait ses copains au prince, et qui malgré son mécène Epstein restait encore incrusté à l’institut du monde arabe.











