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“Libertà civili” : où le pape François reparle de la crise des migrants

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Dans un entretien accordé à la revue italienne Libertà civili, et publié en français la semaine dernière par La Croix, le pape François a longuement évoqué le phénomène migratoire. La crise des migrants, estime-t-il, n’est pas tant « numérique, économique ou sécuritaire » que culturelle. Voilà une déclaration intéressante, puisqu’elle semble désigner le principal problème lié à l’immigration massive comme celui de la différence culturelle, et de fait, la culture islamique d’une immense majorité en est l’aspect le plus inquiétant en Europe. Mais est-ce vraiment ce qu’il a voulu dire ?
 
On notera d’emblée que les propos ont été tenus dans une revue appartenant au ministère de l’intérieur italien. La première question du journaliste demande « Comment le dialogue œcuménique et interreligieux, non seulement entre les trois religions filles d’Abraham, mais aussi avec toutes les autres, peut-il contribuer à une vision correcte du problème des migrations, avec leur charge de souffrances humaines, à la recherche des solutions possibles pour l’accueil de ceux qui arrivent en Europe ».
 
Le pape répond en parlant de « partage fraternel avec d’autres religions » ajoutant que « l’immigration offre une opportunité de rencontre et de croissance pour tous », sur le ton de la « fraternité » universelle. Le dialogue pour le dialogue, et non pour l’évangélisation
 

Le pape François évoque la crise migrants sans parler de l’islam

 
Au cours de l’entretien, le pape François souligne que dans le cadre du nouveau Dicastère pour le service du développement humain intégral, confié au cardinal Turkson, réchauffiste enthousiaste, il a conservé la section « Migrants et Réfugiés » sous sa dépendance directe. « Les millions de migrants, de réfugiés, de personnes déplacées et de victimes de la traite d’êtres humains ont besoin d’une attention toute particulière. C’est pourquoi j’ai décidé de m’occuper personnellement d’eux, du moins pendant un certain temps. » Priorité plus grande que la défense et la diffusion de la foi ? Si l’on comprend bien son souci de venir en aide « à tous ceux qui fuient les conflits, les persécutions et les situations d’urgences humanitaires, qu’elles soient naturelles ou le fruit de l’action de l’homme », cela passe sous silence la réalité majeure de cette crise des migrants où la persécution, la pauvreté, voire le désir de conquête ont pour résultat l’arrivée de centaines de milliers de musulmans sur des terres chrétiennes.
 
Le pape François ne semble pas vouloir le voir, lui qui cite l’exemple des Européens partis aux Amériques après la Seconde Guerre mondiale et qui ont rencontré des difficultés d’intégration : « Le processus d’intégration n’a pas été facile, mais il a toujours abouti avec succès ! » Oui… L’intégration de migrants chrétiens dans des pays majoritairement chrétiens.
 
François insiste : « Il est donc important d’être conscient de la contribution qu’apportent les migrants dans le pays où ils arrivent. Les Européens ont beaucoup contribué à la croissance de la société d’outre-océan. L’histoire est la même. L’échange mutuel des cultures et des connaissances est une richesse et, comme telle, elle doit être valorisée. Comme je l’ai dit le 1er novembre, de retour de mon voyage en Suède, nous ne devons pas être effrayés, car l’Europe s’est formée au long d’une intégration continuelle de cultures, de multiples cultures. »
 

Pape François : il y a des migrants, pas des clandestins

 
« L’histoire est la même… » Voilà une belle négation, en substance, de la spécificité des cultures chrétienne et islamique, irréductibles l’une à l’autre et pour cause. Le pape insiste toujours : « L’intégration, qui n’est pas assimilation, ni incorporation, est un processus bidirectionnel, qui se fonde essentiellement sur la reconnaissance mutuelle de la richesse culturelle de l’autre. »
 
Cet angélisme se double d’une prise de position politique : le pape s’est senti « en devoir de réaffirmer la nécessité de politiques capables de favoriser et de privilégier les regroupements familiaux ». C’est en effet un aspect important de la doctrine sociale de l’Eglise que cette affirmation du respect de la vie familiale, socle de la société. Mais cela suppose au niveau politique une juste analyse de la situation, et des dangers encourus par les nations souveraines, aspect totalement passé sous silence dans le discours pontifical.
 

Dans “Libertà civili”, le pape François demande qu’on « dispose positivement » les autochtones à l’égard de l’immigration

 
Le pape François parle même carrément d’un conditionnement des autochtones « afin de les aider en les sensibilisant de manière appropriée et en les disposant positivement aux processus d’intégration ». Une action psychologique délibérée justifiée au nom du principe de l’universalité de la religion catholique capable d’accueillir toutes les ethnies et toutes les cultures, mais en évoquant cette intégration possible le pape semble oublier la conversion. Il affirme certes que « l’Église (…), selon l’esprit de la Pentecôte, est ouverte à tous et désire étreindre tout le monde », mais dans son discours la rencontre reste cantonnée à la rencontre.
 
Il accuse au contraire les médias de diffuser des « stéréotypes négatifs » puisqu’ils osent parler de « clandestins » plutôt que de « migrants », évoquant « certains cas de délinquance concernant des migrants, plutôt que de raconter les nombreux cas d’intégration de ces mêmes migrants ». C’est avec de tels raisonnements, pourtant, que de nombreux médias européens passent justement cette délinquance sous silence, créant une exaspération de plus en plus grande parmi les populations.
 
Crise culturelle que celle des migrants ? Certes ! Mais surtout religieuse et il est significatif que le pape n’évoque pas une seule fois l’islam dans ses propos.
 

Anne Dolhein