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Martine Aubry fait scission au Parti socialiste

Martine Aubry scission Parti socialiste

Martine Aubry à Lille, jeudi 25 février.


 
Martine Aubry franchit une nouvelle étape dans la rupture avec la ligne de l’exécutif Hollande-Valls. Le maire de Lille annonce en effet dans le Journal du Dimanche que ses proches vont quitter la direction du Parti socialiste. Et peut-être bien le parti lui-même. Scission ? « Nous allons sortir du PS, nous souhaitons en discuter avec Jean-Christophe Cambadélis », affirme-t-elle pour le moment.
 
D’emblée Martine Aubry corrige ce qui pourrait être une impression fausse. Il n’est pas question dans sa démarche, et dans celle de ses amis, de rechercher des postes. Elle ne souhaite pas participer à la primaire, elle se sent bien à Lille. « On ne demande le départ de personne, on ne demande rien d’ailleurs, ajoute-t-elle. Ceux de mes amis qui ont été sollicités ont refusé d’entrer au gouvernement. On ne veut aucun poste. On veut simplement que ce pour quoi on s’est battus toute notre vie soit préservé. »
 

Martine Aubry vers une scission ?

 
Au lendemain de la tribune co-signée dans Le Monde, Martine Aubry confirme qu’elle n’entend opposer qu’un débat d’idées à une politique, défendre les acquis qui sont ceux de la gauche, et que l’actuel locataire de l’Elysée lui paraît brader à tout va.
 
Elle le redit d’ailleurs avec force au JDD : « Avant même la loi El Khomri, j’ai été profondément choquée par les déclarations de Manuel Valls en Allemagne. Qu’un Premier ministre socialiste ne se mette pas du côté de ceux qui agissent, qui accueillent des réfugiés, je ne l’accepterai jamais. »
 

Le Parti socialiste se délite

 
Premier exemple de cette débandade, celui du secrétaire national du PS et conseiller politique de Jean-Christophe Cambadélis, Gilles Pargneaux, qui affirme clairement, dans les colonnes de La Voix du Nord, son intention de quitter l’instance dirigeante de son parti.
 
« Nous pensons que le président de la République doit prendre en compte ce que le parti propose. Or, là, le PS ne sert à rien. Il est mis de côté, explique-t-il. On a l’impression que tout se décide dans un cénacle autour du Premier ministre. Dès lors, pourquoi rester à la direction ? »
 
Bonne question, assurément. On a effectivement l’impression que, tant François Hollande que Manuel Valls ont pris conscience de la vision gaullienne de la Ve République – vision qui n’a jamais correspondu, certes, à une politique des partis.
 
En attendant, il semble que le PS soit dans l’impasse. Quand Martine Aubry prétend discuter avec Jean-Christophe Cambadélis, celui-ci ne semble pas près à l’entendre. Pour le Premier secrétaire, le Parti socialiste aura besoin de tout le monde, Martine Aubry y compris, dans la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2017.
 

François Hollande comme seule solution ?

 
En évoquant la question du candidat, Jean-Christophe Cambadélis pose en réalité celle de la vacuité du socialisme français aujourd’hui : « A partir du moment où Manuel Valls n’ira pas si c’est François Hollande et où Martine Aubry ne veut pas y aller, qui est-ce qui reste ? »
 
Aussi ajoute-t-il que « le seul qui peut aujourd’hui prétendre mener la bataille pour l’emporter, c’est François Hollande ».
 
Politiquement, c’est peut-être, effectivement, le seul calcul auquel la gauche peut se tenir, ce qui explique que ledit François Hollande soit si serein sur le sujet.
 
Mais envisager de reprendre pour cinq ans de cet être malfaisant qui achève de détruire pierre à pierre ce qui reste de notre pauvre France… Non merci !
 

François le Luc