Cela se passe au Royaume-Uni, mais la leçon est de portée mondiale et concerne tous les pays qui participent à la traque au CO2 à leurs propres dépens. Le secrétaire à l’Energie britannique, Ed Miliband, est aujourd’hui accusé d’avoir occulté les preuves de la hausse des factures d’électricité qui frapperont les foyers en raison des objectifs Net Zéro du gouvernement travailliste. Le Parti conservateur ainsi qu’un think tank de droite, Britain Remade, affirment pouvoir démontrer que Miliband cache des documents attestant non seulement de cette hausse des prix, mais des profits qu’en tireront les fabricants d’énergie « verte ».
Après avoir annulé une proposition de faire payer l’électricité selon des tarifs régionaux, qui permettrait, selon les conservateurs, d’encadrer les profits des développeurs d’éoliennes et de réduire les coûts de construction du réseau qui représentent quelque 30 % de la facture finale pour le consommateur, Miliband avait promis de publier une analyse complète des coûts et des bénéfices à attendre de la marche vers les renouvelables. Son ministère n’en fait rien, pourtant : au contraire, il a plusieurs fois bloqué la publication d’une évaluation officielle de la politique.
Le surcoût du Net Zéro au Royaume-Uni : une leçon pour tous
En face, Les partisans de cette réforme, parmi lesquels figuraient l’opérateur national du réseau énergétique, Britain Remade, Octopus Energy et Ovo Energy, ont fait valoir qu’elle aurait notamment permis de réduire les factures de tous les ménages en diminuant les sommes importantes versées aux parcs éoliens pour qu’ils arrêtent leur production lorsque le réseau est trop saturé pour absorber leur électricité. Une étude réalisée par FTI Consulting à la demande d’Octopus a estimé, selon une estimation prudente, que les économies réalisées s’élèveraient à plus de 3,7 milliards de livres sterling par an. Miliband s’était vu conseiller d’adopter cette réforme, mais il a déclaré en juillet dernier qu’il ne donnerait pas suite de manière à offrir de la « certitude » aux investisseurs : traduisez, les sociétés d’exploitation des éoliennes.
Ed Miliband, idéologue assumé de l’énergie éolienne
Le Daily Telegraph a déposé une demande au nom de la Freedom of Information Act, qui oblige les pouvoirs publics à communiquer de tels documents. Le département de la Sécurité de l’Energie et du Net Zero a d’abord attendu 5 mois avant de répondre, en violation de ses obligations. Il va désormais plus loin en disant que le document n’a jamais été achevé et que le fait de le publier aujourd’hui risquerait de créer de « la confusion et des malentendus ».
Pour l’heure, le gouvernement travailliste a annoncé une réforme des prix nationaux et entend offrir des ristournes aux consommateurs qui utilisent davantage d’énergie lorsque la production d’énergie éolienne est trop forte. En 2025, le coût de la surproduction s’est élevé à 1,5 milliard de livres au Royaume-Uni. Tout cela n’empêche pas Ed Miliband de vouloir augmenter la capacité éolienne offshore en la faisant tripler d’ici à 2030.
Et on ne parle même pas du photovoltaïque…











