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COMEDIE
Mistress America •


 
Mistress America est une comédie américaine a priori sympathique : une étudiante en Lettres, Tracy, qui s’ennuie quelque peu, s’évade durant quelques jours en compagnie de sa future belle-sœur. Sa mère, divorcée depuis longtemps, compte épouser le père de Mistress America, un géologue catholique. Il exige seulement, difficulté majeure, une conversion au catholicisme de sa future épouse, et même une conversion sincère. Ce dernier thème tient en soi de la plaisanterie à notre triste époque, mais il n’y a heureusement nul blasphème, juste la mention d’une exigence rare, trop rare ajouterons-nous. Mistress America est un titre difficile à traduire, puisqu’à la fois idiomatique et ironique… Cette maîtresse de l’Amérique, au sens de la femme active, dynamique, ambitionne de s’imposer à l’Amérique, et, de façon prévisible, ne le fera pas du tout. Le concept de restaurant-salon de coiffure peine à trouver quelque crédibilité. Il est typique des absurdités à la mode, éphémères par définition et économiquement non-viables. La satire, indéniable sur la première moitié du film, s’avère assez plaisante.
 

Mistress America : un potentiel réel gâché

 
Le film repose surtout sur le duo d’actrices principales Greta Gerwing et Lola Kirke. La première en reste à sa jeunesse trentenaire immature habituelle, tandis que Lola Kirke, inconnue en France, séduit vraiment par son interprétation rafraîchissante et pertinente de Tracy. Un humour new-yorkais typique irrigue une grosse première moitié du film. Le spectateur, sans être passionné complètement, passe toutefois alors un agréable moment.
 
Le problème majeur réside dans le dernier tiers, trop faiblement scénarisé, prévisible et étiré en longueur. Cela est très dommage. Beaucoup de répliques sont amusantes. L’on regrettera quand même, tout en ne doutant pas qu’elles s’inscrivent hélas parfaitement dans la réalité des jeunes femmes américaines d’aujourd’hui, un certain nombre d’expressions vraiment peu élégantes ou chastes. Mistress America souffre aussi du défaut commun à beaucoup de comédies consistant à s’attacher trop aux personnages, plaquant une sentimentalité convenue, ce qui érode le potentiel comique du film. Au final, le film déçoit quelque peu, et laisse le sentiment d’un potentiel réel gâché.
 

Hector Jovien

 
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