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Nouvelle Ă©tude « scientifique Â» :
avoir moins d’enfants pour lutter contre le « changement climatique Â», c’est le geste “écosensible” le plus efficace

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C’était dans l’air depuis longtemps, voici une nouvelle Ă©tude scientifique qui le dit ouvertement : il convient d’avoir moins d’enfants – notamment aux Etats-Unis – pour mettre un terme au « changement climatique Â». L’objectif ? RĂ©duire Ă  tout prix « l’empreinte carbone Â» : pour un couple, c’est chose possible en dĂ©cidant d’avoir un enfant de moins. Selon l’étude rĂ©alisĂ©e par l’universitĂ© de Lund en Suède et des chercheurs canadiens, ce serait mĂŞme la mĂ©thode la plus efficace.
 
Changer d’ampoules, acheter local, trier les dĂ©chets, choisir des fenĂŞtres isolantes, fermer ses portes et manger moins de viande, tout cela figure en tĂŞte des obligations respectĂ©es par les citoyens les plus Ă©cosensibles et donc « vertueux Â» Ă  l’aune de la nouvelle moralitĂ© Ă©cologique. Mais tout cela n’est que peu de chose en comparaison du malthusianisme choisi.
 
L’abstract de l’étude signĂ©e Seth Wybes et Kimberly A. Nicholas soutient ce titre : « Le hiatus de l’attĂ©nuation du changement climatique : les recommandations scolaires et gouvernementales passent Ă  cĂ´tĂ© des actions individuelles les plus efficaces Â».
 

Une étude scientifique présente l’enfant comme le plus gros ennemi de la planète

 
Il va sans dire que l’étude attribue Ă  l’homme la responsabilitĂ© d’un « changement climatique, rĂ©sultat de l’accumulation de gaz Ă  effet de serre dans l’atmosphère qui rĂ©sulte de l’agrĂ©gat de milliards de dĂ©cisions individuelles Â». En tĂŞte des dĂ©cisions Ă  impact Ă©levĂ© (dont le rĂ©sultat est de rĂ©duire les Ă©missions) : avoir un enfant de moins, vivre sans voiture, ne pas prendre l’avion, adopter un rĂ©gime alimentaire vĂ©gĂ©tal. L’enfant en moins « Ă©pargne Â» selon l’étude 58,6 tonnes d’équivalent CO2 par an dans les pays dĂ©veloppĂ©s, contre 2,4 tonnes par an Ă©conomisĂ©es en renonçant Ă  la voiture individuelle.
 
Voyagez, roulez sans contrainte, mangez des steaks tant que vous voulez : avec un berceau en moins, vous aurez brĂ»lĂ© vos trois grains d’encens Ă  la planète ! Si en outre vous voyagez systĂ©matiquement en train, en car ou autres transports en commun, en mâchant de la salade et en vous limitant aux plats vĂ©gĂ©tariens, vous aurez fait le maximum. Les ampoules Ă©colos et le tri sĂ©lectif n’épargnent du CO2 qu’à la marge, assurent les auteurs.
 
Ceux-ci regrettent que les adolescents ne soient pas systĂ©matiquement formĂ©s Ă  ces choix par les manuels scolaires du Canada. Ces manuels se focalisent sur des actions et des choix Ă  faible impact, tout le discours concernant la procrĂ©ation, le transport et l’alimentation n’occupant que 4 % de la place consacrĂ©e aux actions recommandĂ©es. « Il en va de mĂŞme pour les ressources gouvernementales sur le changement climatique aux Etats-Unis, dans l’Union europĂ©enne, au Canada et en Australie Â», se lamentent les auteurs.
 

La lutte contre le « changement climatique Â» passe par le malthusianisme

 
Ceux-ci recommandent de profiter des occasions qui existent aujourd’hui pour « amĂ©liorer les structures existantes dans le domaine de l’éducation et de la communication, afin de promouvoir les stratĂ©gies les plus efficaces en vue de rĂ©duire les Ă©missions et fermer ainsi le hiatus de l’attĂ©nuation Â», comme ils disent dans le charabia caractĂ©ristique des chercheurs.
 
L’Ă©tude recommande de viser particulièrement les adolescents qui vont devoir – il s’agit bien d’une obligation – faire des choix permettant d’aboutir Ă  2,1 tonnes d’émissions de CO2 par personne, le but annuel fixĂ© par les « rĂ©chauffistes Â» Ă  l’horizon 2050 pour contenir le « rĂ©chauffement Â» Ă  2 Â°C. « En outre, les adolescents peuvent agir comme catalyseur afin de modifier le comportement au sein de leur foyer Â», assurent les auteurs sur le fondement d’études antĂ©rieures. Il s’agit de les endoctriner afin qu’ils prĂŞchent ensuite la nouvelle moralitĂ© Ă  leurs aĂ®nĂ©s.
 
Pour calculer les Ă©conomies de CO2 que reprĂ©sente la renonciation Ă  un nouvel enfant, les chercheurs se fondent sur les Ă©missions actuelles bien sĂ»r, mais en les calculant sur une longue descendance : « Dans cette approche, la moitiĂ© des Ă©missions d’un enfant est assignĂ©e Ă  chaque parent, ainsi que le quart de la descendance de cet enfant (les petits-enfants) et ainsi de suite Â». « Ils vĂ©curent heureux et n’eurent pas d’enfants Â», en somme !
 

Avoir moins d’enfants ? Le comportement « efficace Â» Ă  inculquer aux ados

 
Chose caractĂ©ristique : les chercheurs qui ont calculĂ© la rĂ©duction du nombre de routes Ă  construire lorsqu’on choisit de ne pas rouler en voiture ont renoncĂ© Ă  envisager les Ă©conomies de CO2 reprĂ©sentĂ©es par le choix de ne pas avoir un chien. Peut-ĂŞtre ont-ils un chien ?
 
Mais on peut lire dans leur Ă©tude : « De manière plus significative, une famille amĂ©ricaine qui dĂ©cide d’avoir un enfant en moins aboutirait au mĂŞme niveau de rĂ©duction d’émissions que 684 adolescents choisissant le tri sĂ©lectif intĂ©gral pour le restant de leurs jours Â». Dites cela Ă  un adolescent tendance veau, dont le tri sĂ©lectif ne va pas plus loin que le plancher de sa chambre, et vous voilĂ  dotĂ© d’un malthusien Ă  vie, doublĂ© d’un allergique au rangement… Qui en outre se sentira de trop pour peu qu’il soit le deuxième ou troisième enfant d’une famille (dans les familles vraiment nombreuses, gageons qu’on a plus de bon sens). Etait-ce le but ?
 
Kimberley Nicholas elle-même a déclaré, lors d’un entretien avec le quotidien de gauche britannique The Guardian, qu’elle a déjà discuté avec son fiancé de la question du nombre de leurs éventuels futurs enfants. Le changement climatique fera partie de leur décision, même si d’autres éléments entreront en ligne de compte, a-t-elle expliqué. Présenter l’enfant comme l’ennemi public numéro un sans autre forme de procès, c’eût été aller un peu trop loin.
 
Cela dit, si chaque famille amĂ©ricaine a dĂ©sormais un enfant en moins, alors que le taux de natalitĂ© est dĂ©jĂ  en-deçà du taux de remplacement des gĂ©nĂ©rations, Ă  1,86 enfants par femme, de nombre d’enfants naissant aux Etats-Unis serait brusquement divisĂ© par plus de 2. Quid des problèmes qui surgiraient alors ? L’état actuel de la Chine donne un dĂ©but de rĂ©ponse, tragique – et significative Ă  sa manière, puisque les Ă©missions carbone sont bien plus Ă©levĂ©es en Chine qu’aux Etats-Unis malgrĂ© une fertilitĂ© moindre obtenue sous la contrainte.
 

Jeanne Smits