La motion de la direction du PS arrive en tête

Motion direction PS tête
 

La direction du Parti socialiste a annoncé jeudi soir avoir remporté une victoire auprès des militants appelés aux urnes pour choisir la motion qui devait définir la ligne du parti, et trancher ainsi entre deux PS : celui qui soutient le gouvernement et les réputés frondeurs. En arrivant en tête, la motion dirigée par le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis donne l’assurance que rien ne changera…

 
« Merci aux militants socialistes pour leur participation et le choix sans appel à 60 % pour la “motion A”. » En annonçant, avec une satisfaction non dissimulée, le succès de sa motion, Jean-Christophe Cambadélis, qui était soutenu en l’affaire par la plupart des ministres, a donc acté, sans pour autant le dire spécifiquement, que la fronde avait vécu.
 
Celle-ci n’a pu faire autrement que de l’admettre puisque les tenants de la “motion B” qui les réunissait avec, à leur tête, le député Christian Paul, s’étaient fixé pour objectif de faire passer la direction sous la barre des 50 %, et de la contraindre ainsi à composer avec elle. Opération ratée : l’actuelle direction du PS a toutes les chances de pouvoir continuer dans la voie qu’elle s’est fixée et, en tout état de cause, se passera de l’avis des frondeurs. Il est vrai que ceux-ci n’ont, en réalité, jamais cherché à faire réellement barrage au gouvernement, de peur de faire le jeu de la droite. Mais en se contentant de quelques discours, de quelques tribunes dans la presse, ils ne peuvent aujourd’hui s’étonner de leur absence de résultat… même s’ils estiment maintenant que leur score, qui ne devrait pas atteindre les 30 %, leur permettrait d’imposer la question d’une réorientation de la politique du gouvernement.
 

Victoire de la direction du PS

 
Ainsi l’ancien ministre de l’Education Benoît Hamon n’hésitait-il pas à déclarer : « Ce qui me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir, c’est que je sais que sur nos idées, nous sommes majoritaires c’est indiscutable, il y a une majorité de socialistes qui veulent une réorientation des politiques économiques. »
 
Ah oui, la démocratie, les urnes, c’est toujours ennuyeux quand ça ne donne pas le résultat escompté. Heureusement que, lorsqu’on est socialiste, on voit la vie en rose…
 
En réalité, le gagnant le ce scrutin s’appelle Martine Aubry. En ralliant la direction du PS, elle lui a donné les voix qui, sans elle, auraient manqué à Jean-Christophe Cambadélis. On ne sait ce qu’elle a obtenu en échange, et quel compromis lui aura donné quelque assurance quant aux idées qu’elle opposait, jusque-là, au gouvernement. Ce qui est sûr c’est que, si inflexion socialiste voire gouvernementale il y a, ce sera assurément plus de son fait que de celui des frondeurs.
 

Quelle motion Hollande a-t-il en tête ?

 
Les certitudes sont manifestement question d’humeur. Bien qu’il n’ait plus sa carte de membre du Parti socialiste, François Hollande aura été rasséréné par la victoire de la majorité de sa majorité. Des bons socialistes contre les mauvais, en quelque sorte. Au point que les mauvaises langues estiment que ses derniers discours avaient des accents de campagne électorale. Déjà ?
 

François le Luc