Avec Jouzel, la Nomenklatura du GIEC oublie qu’elle est un golem politique

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Un « collectif » de « scientifiques » a signé le 18 avril une tribune dans le Monde, à la fois ambigüe et très intéressante, à laquelle a participé un membre éminent de la Nomenklatura du GIEC, Jean Jouzel, qui en fut vice-président. Tout en renouvelant le discours de l’écologisme politique (l’océan y tient plus de place que le climat), cette tribune se plaint que les politiques n’écoutent pas les scientifiques, en oubliant que le GIEC et les laboratoires subventionnés par les immenses crédits pour leurs recherches sur l’environnement sont une créature artificielle, humanoïde, dépourvue de libre arbitre qui porte dans la mystique juive le nom de Golem, et dont la seule fonction est d’assister son créateur. En d’autres termes, la Nomenklatura stipendiée du GIEC oublie sa nature et se plaint que le pouvoir politique lui fasse sentir la laisse.

 

Jouzel et Cie découvrent que l’océan existe

On est agréablement surpris à lire le début de la tribune signée par Jouzel dans le Monde. La première phrase parle des pressions sur l’environnement, « en particulier sur l’océan, qui occupe les trois quarts de la surface de notre planète ». Et d’en énumérer quelques-unes, au même rang que le réchauffement climatique, « acidification des océans, désoxygénation, aménagements littoraux et hauturiers, déchets plastiques, pollutions, exploitation des ressources minières ou vivantes (surpêche) ». Le deuxième paragraphe ne traite que de l’Océan. Voilà un sérieux glissement, et un glissement sérieux, déjà sensible depuis plusieurs années dans les milieux qui observent les océans. On comprend cette évolution : la fable du changement du climat par l’homme ne résiste pas à l’analyse et ne pourra être longtemps maintenue, des « scientifiques » doivent donc passer à autre chose afin d’entretenir la terreur verte, pendant que le GIEC et ses méta-études de « consensus » continuent pour l’instant à répéter le dogme qui doit garder les fidèles de la superstition écologiste dans le droit chemin.

 

Le blues des golems climatologues

Cette politique de transition scientifique, si l’on ose dire, demande beaucoup de doigté, et l’on comprend que les politiques, qui sont aux commandes du processus depuis le début, c’est-à-dire depuis les années soixante-dix, et qui se servent du cheval aujourd’hui fourbu du réchauffement, soient soucieux, ne serait-ce que du point de vue budgétaire, de retrouver un peu de liberté d’action, et renvoient les climatologues, qu’ils ont institués et payés pour étayer leur discours, à leurs chères études. C’est de cela que les golems se plaignent aujourd’hui. Commentant la tribune du Monde sur France Info, Jean Jouzel s’est plaint non de l’appareil de règles mises en place, mais de l’attitude des politiques : « Au-delà des lois, on n’a pas l’impression d’être écoutés. » Et il leur a demandé : « Ce que l’on ce que l’on vit aujourd’hui, c’est ce que notre communauté scientifique envisage depuis 50 ans, alors accordez-nous de la crédibilité. »

 

Comment est garantie l’autorité de la Nomenklatura du GIEC

Il a tout simplement oublié l’histoire du mouvement mondial lancé par l’ONU à propos d’environnement, et sa propre carrière. Il a oublié que ce sont les politiques qui ont institué la « communauté scientifique » dont il se réclame et lui ont donné voilà cinquante ans ses orientations – et cet oubli de prive précisément de toute crédibilité. La dénomination de climatologue est à la fois ambigüe et récente. Les pontes du GIEC, à l’origine, étant rarement climatologues, c’étaient des chimistes, des physiciens, etc. Aujourd’hui, pour donner du poids au dogme du réchauffement, il faut écarter tous les scientifiques de haut niveau qui n’y croient pas afin de réserver la parole d’autorité aux seuls climatologues estampillés. Pour être reconnu tel, il est nécessaire de publier comme tel, et surtout, bénéficier des énormes budgets qui font tourner les méga-ordinateurs travaillant sur les modèles mathématiques qui permettent de river leur clou aux mesures réelles et aux faits, être choisi par les grandes agences nationales ou internationales et se conformer au dogme justifié par le prétendu consensus scientifique.

 

La Nomenklatura du GIEC doit faire où on lui dit de faire

La carrière des pontes de la Nomenklatura illustre ce fait : ce qu’on leur demande, c’est, comme à ceux de la Nomenklatura soviétique naguère, de la docilité, non des capacités. Le curriculum vitae de Jean Jouzel est très instructif à cet égard. Issu d’une famille bretonne modeste, il fait l’école de chimie de Lyon et passe sa thèse sur la formation des grêlons puis entre au CEA. Ce n’est qu’en 1989 qu’il est nommé directeur adjoint du laboratoire de géophysique de l’environnement au CNRS. Dans les années 70, comme la plupart des « climatologues » il planchait, avec son patron Claude Lorius, sur l’incidence de l’astronomie, singulièrement du soleil, sur le climat, et prévoyait alors, comme tout le monde, une nouvelle période de glaciation, « on envisageait le refroidissement », avoue-t-il. A l’époque, les éléments de langage du terrorisme environnemental étaient la surpopulation, le trou dans la couche d’ozone, les pluies acides, etc… Les politiques n’avaient pas besoin que l’homme réchauffent le climat, et leurs golems « scientifiques » s’occupaient donc d’autres sources de terreur potentielles.

 

A Jouzel les honneurs, à Pachauri les souris

Tout a changé dans les années quatre-vingt. Jouzel abandonne le soleil pour le CO2 et s’en trouve récompensé. En 2002 il reçoit la médaille du CNRS et devient vice-président du GIEC. La consécration. En 2010 il sera nommé membre du Conseil économique, social et environnemental, en 2014 membre du conseil stratégique de la recherche. Le système sait récompenser ses serviteurs : à eux l’argent, les publications, les honneurs, et même le sexe. Jean Jouzel est restée avec Brigitte, l’institutrice qu’il avait épousée. Mais d’autres ne se rassasient pas des seuls honneurs académiques. Ainsi l’ancien spécialiste des chemins de fers indiens, Rajendra Kumar Pachauri, qui fut le directeur du GIEC le plus durable, de 2002 à 2015, qui reçut en son nom le prix Nobel de la Paix en 2007 avec Al Gore et reçut des mains de Jacques Chirac en 2006 le grade d’officier de la légion d’honneur. Il était très porté sur le charme féminin. Au GIEC, on surnommait son bureau « l’étage des filles », il donnait à ses assistantes des petits noms ambigus et leur écrivait des poèmes, et des romans plus chauds que ceux de Bruno Lemaire. Une jeune femme a porté plainte pour agression sexuelle. Malgré ses dénégations, il a finalement démissionné.

 

Le GIEC, golem politique, aimerait qu’on le croie scientifique

Cela ne montre que la fragilité humaine et rappelle que les dévots du GIEC, comme Tartufe, n’en sont pas moins hommes. Cela en fait des golems somme toute fragiles au service de la Nomenklatura politique internationale. Pachauri a dû quitter un poste qui comblait ses vœux et auquel il n’avait accédé que par servilité. En tant que président du GIEC il avait commis une bourde énorme, qu’un élève d’histoire-géo de seconde éviterait. Il avait laissé passer dans le rapport d’évaluation que les glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître d’ici 2035 ou avant, et il avait attribué les inondations au Bangladesh à la fonte de ces glaces – alors que tout le monde sait que la mousson les commande. Depuis, le GIEC a reconnu son erreur, mais Pachauri s’était alors écrié : « Ils ne peuvent nier la science, alors ils attaquent le président du GIEC. » Voilà une nouvelle pièce au dossier accablant de la fiabilité du GIEC, mais elle n’empêche pas sa Nomenklatura de golems de faire la pluie et le beau temps en climatologie. Et de pleurer quand les politiques ne lui montrent pas assez de considération, comme vient de le faire Jouzel.

 

Pauline Mille