La France va augmenter le nombre de ses têtes nucléaires et va étendre sa « dissuasion avancée » à huit pays européens : Emmanuel Macron l’a solennellement annoncé dans un discours de 50 minutes prononcé à l’Ile Longue, dans la rade de Brest, où sont basés nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Les huit pays sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark, la Belgique, les Pays-Bas, la Grèce, la Suède et la Pologne, avec qui des exercices conjoints pourront être menés, et où l’aviation stratégique française pourra être déployée. Cette nouvelle doctrine, qui a été préparée par de nombreuses conversations notamment avec le chancelier Merz et le Premier britannique Keir Starmer, fait un grand pas vers l’européanisation de la force nucléaire, comme l’a noté Emmanuel Macron : « Il est temps que l’Europe prenne son destin en main. »
Le chancelier Merz a annoncé un « groupe de pilotage » franco-allemand. Il est peu probable que l’Allemagne accepte de payer sans droit de regard. Toutefois Macron a précisé : « Il n’y aura aucun partage de la décision ultime. »
On demande à voir comment cela va s’organiser. Récemment encore le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, exprimant l’opinion générale, affirmait que « l’Europe ne peut se défendre sans les Etats-Unis ». Et chose plus grave, Merz renâcle sur le futur avion de combat qui devait se construire en partenariat France-Espagne-Allemagne, estimant que cette dernière « n’a pas besoin du même avion que la France ». D’ailleurs, il est frappant de voir que la plupart des pays d’Europe, y compris la Belgique tout récemment, s’équipe de matériel américain, notamment le F-35, de préférence au Rafale français. Concrètement, les forces armées européennes se placent dans une dépendance croissante des Etats-Unis – et le nucléaire sert à détourner l’attention de ce fait central.











