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Bientôt un office catholique dans la Chapelle royale d’Henri VIII

office catholique Chapelle royale Henri VIII

Le Cardinal Vincent Nichols, chef de l’Eglise catholique romaine en Angleterre et au Pays de Galles.


 
Le mois prochain, la Chapelle royale d’Henri VIII d’Angleterre accueillera pour la première fois en 450 ans, pense-t-on, un office auquel participera le primat catholique d’Angleterre, le cardinal Vincent Nichols. Ce sera un événement hautement symbolique puisque la Chapelle royale a été le théâtre des événements qui ont conduit à la rupture de l’Église d’Angleterre avec Rome au cours des années 1530. C’est là que Henri VIII assistait aux offices en compagnie de son épouse Catherine d’Aragon, avant de la remplacer par Anne Boleyn. Là encore que sa quatrième épouse, Catherine Howard, a été accusée d’infidélité par l’archevêque Cranmer. Là encore Henri VIII devait épouser sa sixième et dernière femme Catherine.
 
On pense que la dernière fois que la chapelle a été utilisée pour un office catholique remonte au règne de Marie Tudor. Mais le prochain retour des catholiques dans la Chapelle royale de Hampton Court ne sera pas entier ni sans ambiguïté puisque l’office de vêpres qui y sera être célébré le mois prochain le sera de manière œcuménique. Le cardinal Nichols doit en effet se joindre à l’évêque anglican de Londres, le Très Révérend Richard Charters, pour un office qui marquera la célébration de l’héritage musical de la Chapelle à travers les règnes tant catholiques que protestants.
 

Un office catholique à la Chapelle royale d’Henri VIII, du jamais vu depuis 450 ans

 
L’office sera chanté principalement en latin, en souvenir des premières utilisations de la chapelle dont on célèbre aussi le 500e anniversaire avec le souvenir de la construction du palais de Hampton Court. On veut y voir l’occasion d’une réconciliation affichée au moment où l’Europe célèbre également le 500e anniversaire de la Réforme.
 
Ce ne sera pas la première fois que le cardinal Nichols aura participé à une prière commune avec le Très Révérend Richard Charters : ils avaient prié ensemble il y a deux ans dans la cellule de la Tour de Londres où saint Thomas More, martyrisé sous Henri VIII, attendait son exécution pour avoir refusé de reconnaître le roi comme chef suprême de l’Eglise d’Angleterre.
 
Plus largement, on perçoit actuellement une poussée en vue d’un rapprochement entre protestants et catholiques dans un œcuménisme qui ne prend pas la peine de clarifier les différends doctrinaux, ni la question de la succession apostolique qui fait que les clercs protestants ne puissent être considérés comme ayant validement reçu le sacerdoce, ou le pouvoir de consacrer.
 

Le confusionnisme religieux s’étend avec une cérémonie catholique et protestante à la fois

 
Le mois dernier le prédicateur personnel du pape François, le père Raniero Cantalamessa, a été invité à prêcher lors d’un office spécial à Westminster Abbey à l’occasion de l’ouverture du nouveau synode général de l’Eglise d’Angleterre. En présence de la reine, il a évoqué à la fois Thomas Cranmer et Martin Luther, affirmant que les catholiques devraient célébrer l’anniversaire de la naissance du protestantisme, et tirer bénéfice de ce que celui-ci a « accompli ». On reste dans cette logique de confusionnisme religieux.
 
Ce sont certes les origines catholiques de la Chapelle royale qui ont dicté le choix de l’office de vêpres qui sera chanté le mois prochain. Ce sera en l’honneur de saint Jean-Baptiste, puisque la chapelle remplacée par la Chapelle royale lors de la construction de Hampton Court appartenait aux chevaliers de Saint-Jean l’Hospitalier. Ironie de l’histoire : saint Jean-Baptiste, tout comme saint Thomas More, est un martyr du mariage, et c’est pour une affaire de mariage que l’Eglise d’Angleterre a quitté le giron romain.
 

Anne Dolhein