L’accord de paix Etats-Unis-Iran : qui a gagné ?

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Un accord de paix sera donc signé vendredi en Suisse pour formaliser sa signature numérique dimanche entre l’Iran et les Etats-Unis. Donald Trump a déjà annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz sans droit de passage, dès le nettoyage des mines pouvant s’y trouver, tandis que le blocus naval de ses voies maritimes par Etats-Unis (20 % du transport de pétrole dans le monde) a été levé. Mais si jamais l’Iran devait refuser de signer vendredi, a ajouté le président des Etats-Unis, « une nouvelle attaque aurait lieu ».

Les grands médias français, France Info en tête, présentent l’accord comme une victoire pour l’Iran et assurent que Trump n’a rien gagné, ou presque, en lançant sa coûteuse guerre de quatre mois contre le régime des mollahs.

On dira qu’il est dans son rôle de vice-président des Etats-Unis, mais J.D. Vance, qui ne s’était pas montré particulièrement favorable à l’attaque américaine contre l’Iran au départ, assure aujourd’hui qu’il s’agit d’une « grande victoire ».

 

L’accord de paix Etats-Unis-Iran vilipendé par la grande presse

Là où Trump assure avoir enfin réussi là où les autres avaient échoué, en atteignant une véritable paix avec l’Iran, Vance insiste sur le fait que les Iraniens s’engagent sur le long terme à abandonner l’arme nucléaire. Cela se fera moyennant des vérifications adéquates, et permettra, dit-il, de les accueillir dans l’économie mondiale, de lever certaines sanctions et de tourner une nouvelle page dans les relations de l’Iran avec les Etats-Unis.

Il a ajouté que si l’Iran ne tourne pas le dos à ses ambitions nucléaires, il n’aura jamais les ressources nécessaires pour reconstruire en ce domaine, au vu de l’état dans lequel celui-ci se trouve aujourd’hui. « Grâce à la détermination sans faille du président Trump et aux efforts de l’ensemble de son administration, l’Iran ne se dotera jamais de l’arme nucléaire et le détroit d’Ormuz sera entièrement rouvert. La paix et la prospérité pour le peuple américain, voilà l’enjeu de cet accord », a-t-il écrit sur X.

Vance avait déjà déclaré à Fox News que l’accord « transformera fondamentalement le Moyen-Orient pour les cinquante années à venir », si l’Iran veut bien s’y conformer. L’Iran n’aura pas d’armes nucléaires, a-t-il répété, et n’en achètera pas.

Beaucoup s’indignent de ce que les Etats-Unis n’aient pas fait tomber le régime iranien totalitaire et l’auraient même plutôt renforcé. C’est possible, mais en tout cas le langage médiatique en est changé. Jusque-là, on reprochait justement aux USA d’intervenir dans les affaires nationales d’autres pays, alors que la politique de Trump vise manifestement à le faire le moins possible. C’est visiblement un choix.

 

Pour Trump, le plus important est que l’Iran n’ait pas l’arme nucléaire

Si réellement les ambitions nucléaires de l’Iran sont réduites ou écartées, cela est sans doute dû aux bénéfices qui leur ont été promis par l’administration Trump s’ils ne gardent pas leur uranium enrichi. D’autres « récompenses », a déclaré J.D. Vance à NBC News lundi, suivront si l’Iran cesse de subventionner le terrorisme. « S’ils font moins, et encore moins, potentiellement ils ne recevront rien du tout. Et c’est ainsi que nous avons bâti cet accord », a déclaré Vance. Dans un autre entretien, il a assuré que l’Iran n’obtiendra aucun fonds tiré de la poche du contribuable américain.

Qu’en est-il alors du fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et l’investissement en Iran ? Il s’agirait d’un fonds global abondé par une coalition internationale, mais non d’organismes internationaux mais d’investisseurs privés des Etats-Unis, d’Europe, d’Asie et des pays du Golfe, moyennant une période d’attente de 60 jours permettant de vérifier la mise en œuvre de l’accord.

La question que pose l’opposition de droite de Trump est de savoir si la République islamique est fiable quant au respect d’un accord sur le long terme. Et ce d’autant que cela fait des décennies qu’elle qualifie les Etats-Unis de « Grand Satan ».

Reste que l’on sait maintenant que les menaces brandies par Trump ne sont pas de vains mots.

 

Anne Dolhein