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Le pape François a reçu Emma Bonino au Vatican, le jour de l’élection américaine

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Le jour même de l’élection américaine – et comment ne pas y voir un signe ? – le pape François a reçu en audience privée, mais parfaitement officielle, l’ancien leader et toujours figure de proue du parti radical italien, militante infatigable de la culture de mort sous toutes ses formes, Emma Bonino. Le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a confirmé la tenue de la rencontre, et il a précisé que le souverain pontife et l’ancien ministre italien des affaires étrangères ont parlé d’un sujet qui tient à cœur au pape François : « La conversation s’est surtout focalisée sur les thèmes des flux migratoires, de l’accueil des migrants et de leur intégration. »
 
A l’heure où l’Italie n’arrive plus à faire face aux vagues de migrants qui accostent après la périlleuse traversée de la Méditerranée, Emma Bonino est connue pour son militantisme immigrationniste. Une nouvelle fois, on assiste à ce qui peut apparaître comme une valse-hésitation du pape, mais qui est plus probablement une sorte de tango très maîtrisé, avec tout son côté spectaculaire, ses allers-retours appuyés et la détermination qui s’en dégage.
 

La grande amitié entre le pape François et Emma Bonino

 
Le pape François n’a-t-il pas dit très récemment, dans l’avion qui le ramenait de Suède : « Qu’est-ce que je pense des pays qui ferment leurs frontières ? En théorie, on ne peut pas fermer son cœur à un réfugié. Mais il y a aussi la prudence des gouvernements : ils doivent être très ouverts pour les recevoir, mais ils doivent aussi faire le calcul de savoir comment les recevoir. Parce qu’on ne doit pas seulement recevoir un réfugié, mais il faut aussi l’intégrer (…) Si le réfugié n’est pas intégré, il se “ghettoïse”. »
 
L’accueil de l’étranger en tant que personne, qui est une obligation chrétienne, se double d’une question politique. Le pape, en rappelant le rôle du politique, n’a pas varié sur son discours d’accueil, qui empiète d’ailleurs largement sur ce domaine politique en appelant les responsables des pays à en faire plus, toujours plus en réalité, pour les étrangers qui arrivent en masse. En recevant Emma Bonino, qui est précisément dans cette démarche, le pape François donne une indication claire, qu’on pourrait restituer en quelques mots : s’il y a un problème avec l’arrivée massive de migrants, la seule manière de le régler est d’en faire plus pour les intégrer, et non d’en faire plus pour les refouler.
 

Emma Bonino, la grande avorteuse, reçue au Vatican

 
Recevoir Emma Bonino au Vatican, c’est en même temps recevoir une militante active non seulement de l’immigration, mais de l’avortement – n’a-t-elle pas participé elle-même et délibérément à des avortements clandestins pour obtenir la légalisation d’un crime contre l’enfant à naître ? – de la légalisation du cannabis, de la déconstruction de la famille, des droits LGBT, du laïcisme, du socialisme et aujourd’hui, de l’euthanasie.
 
Ancien commissaire européen, surtout active pour y obtenir la légalisation des drogues dites douces, Emma Bonino fait son grand retour en politique après un cancer dont elle est sortie victorieuse. Sa réception au Vatican consacre quelque sorte ce retour. Si le pape François n’a jamais ouvertement approuvé ses combats pour la culture de mort, s’il a même déclaré un jour : « Elle ne pense pas comme nous. C’est vrai, mais cela ne fait rien. Nous devons regarder les gens, et ce qu’ils font », l’insistance avec laquelle il a fait son éloge et son choix de l’interroger, elle, sur la question migratoire, sont des manières de quasi absolution. Sans compter les multiples rencontres ou échanges dont la presse a fait état : l’an dernier, le 2 mai, François avait appelé Emma par téléphone pour lui demander des nouvelles de sa santé et ils avaient déjà longuement parlé de l’accueil des migrants.
 

Le jour de l’élection américaine, François et Emma parlent d’accueil des migrants

 
Il y a quelques jours à peine, Emma Bonino, qui participait au 15e congrès des radicaux italiens, a donné un entretien à Radio Radicale où elle a annoncé sa volonté de lutter toujours pour l’avènement des Etats-Unis d’Europe et pour la légalisation de l’euthanasie.
 
Elle a évidemment soutenu la marche du parti radical pour l’amnistie à l’occasion du jubilé des prisonniers dimanche dernier. Car Emma Bonino, militante des prisons vides, estime que ce sont les lois qui les remplissent en créant des délits comme l’immigration clandestine – 30 % des incarcérés sont des immigrés des immigrés d’origine étrangère – ou le trafic de drogue.
 
Cette marche était également soutenue par la conférence des évêques d’Italie qui y a officiellement participé. Tout cela s’inscrit dans un ensemble.
 

Anne Dolhein