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Le patriarche orthodoxe Cyrille signe un accord avec l’État russe pour lutter contre la corruption

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La corruption est une forme de vol et il est donc parfaitement naturel que Cyrille, le patriarche orthodoxe de Moscou et de toute la Russie, la condamne et encourage ses brebis à ne pas y succomber.
 
Qu’il s’allie avec l’État russe pour le faire est nettement plus troublant, alors que ce dernier s’acharne sur la corruption des petites gens qui peinent à survivre avec leurs maigres salaires tandis qu’il ferme les yeux sur la corruption des élites, autrement plus dramatique pour le pays et son économie.
 
« L’Église peut aider l’État à lutter contre la corruption plus efficacement puisqu’elle éduque les peuples dans l’esprit des valeurs évangéliques et des exigences morales les plus hautes », a déclaré le patriarche Cyrille, lors de la cérémonie de signature de l’accord passé entre l’Église orthodoxe russe et la Cour des comptes, organisée dans le monastère Saint Daniel.
 

Le patriarche Cyrille s’allie avec l’État russe pour lutter contre la corruption

 
« Le travail de la Cour des comptes a un impact considérable sur la moralité de la société. Nous savons que la corruption, ou pour le dire plus simplement le vol, dégrade l’homme. Et si la corruption atteint des niveaux trop élevés, elle abîme les tissus sains de la société et sape les fondations de l’État », a poursuivi le patriarche Cyrille. Pourquoi donc s’allier avec les autorités du pays, alors qu’elles sont indéniablement la partie la plus corrompue du pays ?
 
Pour Cyrille, les Russes ont traversé des temps difficiles dans les années 1990, résultat de « l’écroulement de l’économie, de l’effondrement psychologique collectif, de la destruction de certains idéaux et de la tentative d’en créer de nouveaux ». Par conséquent, ajoute le Patriarche, la Cour des comptes est aujourd’hui « la plus efficace » et peut-être « la seule institution forte capable de contrôler l’usage des ressources gouvernementales ».
 

Le Patriarche s’allie avec l’État qui vise la corruption des petites gens sans lutter contre celle des « grands »

 
Et pourtant. Depuis des années les gouvernements russes successifs prétendent lutter contre la corruption – en mettant en place des moyens de surveillance toujours plus importants – sans que rien ne change. La corruption est un mal toujours aussi répandu en Russie.
 
Rien de bien étonnant puisque le porte-parole du Comité d’enquête de la Fédération de Russie, Vladimir Markin, pointait du doigt les médecins et les professeurs, qui s’arrangent à leur manière – peu orthodoxe – pour gonfler les salaires. Pas un mot en revanche sur les grosses entreprises et le gouvernement, alors que la Russie compte parmi les pays les plus corrompus au monde.
 
Le patriarche a eu raison de préciser que la corruption est une catastrophe pour l’économie puisqu’elle prive l’État de certaines de ses ressources, mais aurait dû ajouter qu’on ne peut lutter contre la corruption sans s’attaquer aux plus corrompus.
 

La religion orthodoxe instrumentalisée pour une lutte mondialiste contre la corruption

 
Au lieu de cela, c’est à ces derniers qu’il confie la lutte contre la corruption. Il va sans dire que la manœuvre est peu discrète : la lutte contre la corruption n’est plus qu’un moyen de surveiller toujours plus étroitement les populations et d’accroître la présence de l’État omniscient dans leurs vies.
 
La corruption est une préoccupation mondiale et surtout mondialiste, et il est assez troublant que la religion – orthodoxe en l’occurrence – soit ainsi instrumentalisée à des fins mondialistes, et par conséquent profondément antireligieuses.
 

Béatrice Romée