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Patrimoine des candidats : Mélenchon et Dupont-Aignan fourmis, Macron cigale

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Les onze candidats à la présidentielle ont publié leur patrimoine. Si Mélenchon et Dupont Aignan font leur pelote avec une discrétion de gazelle et un acharnement de fourmi, l’argent de la cigale Macron semble évanoui. Au delà de l’anecdote, le voyeurisme et l’Etat policier progressent.
 
Pourquoi ne pas l’avouer, nous sommes tous des voyeurs, le patrimoine des candidats nous intéresse. Les caractères s’y révèlent. Fillon, à qui ses amis donnent des costumes, demande à sa famille des prêts pour rembourser ses dettes fiscales. Sous ce visage tranquille se cachait un jongleur. Marine Le Pen quant à elle tient de son père, elle est en bisbille avec Bercy pour l’évaluation de la pierre et des parts de SCI qu’elle détient. C’est vrai, quoi, Montretout, ça semble bien situé, mais les vrillettes attaquent le parquet et les canalisations des WC sont vieilles.
 

Dupont-Aignan et les candidats fourmis thésaurisatrices

 
Encore ces deux-là, malgré les canards qui s’acharnent contre eux, semblent-ils à peu près clairs. C’est le cas aussi de Philippe Poutou, avec sa Peugeot 308 et ses petits comptes en banque. Pas d’opinion sur Jean Lassalle ni Nathalie Arthaud. De Jacques Cheminade, ce n’est pas le patrimoine qui pose problème, mais le revenu : on ne sait toujours pas de quoi il vit. De François Asselineau, on relèvera le goût de la pierre et l’art d’acheter à bon compte : une résidence de 160 mètres carrés dans Nièvre pour cent mille euros, c’est bien. De Benoît Hamon, on notera qu’il vit au dessus du seuil de pauvreté évangélique puisque ses deux appartements valent ensemble plus de huit cent mille euros.
 
Nicolas Dupont Aignan, lui, entre dans la famille des fourmis habiles thésaurisatrices. Il a son appartement à Paris, plus cinq chambres de bonne et une maison dans l’Essonne, le tout pour une valeur de 2,3 millions d’euros.
 

Mélenchon gère son patrimoine en père de famille

 
Les deux candidats les plus surprenants sont Macron et Mélenchon. Celui-ci, qui trouve parfois des accents misérabilistes qu’on dirait tirés d’un film néoréaliste de l’après-guerre, s’est constitué un patrimoine confortable. Un maison et un appartement pour un million d’euros. Comme quoi on peut être d’extrême gauche et gérer ses affaires en père de famille avisé. Et même très avisé puisque le sénateur de l’Essonne a poussé sa fille à plusieurs emplois publics dans l’Essonne, tout en gardant une pudeur de gazelle sur ces faits, si semblables à ceux qu’il reproche bruyamment à Fillon.
 
Mais le Pompon revient à Macron. Un type extraordinaire, ce Macron. Il a tout de même été secrétaire général adjoint à l’Elysée, ministre des finances et banquier chez Rothschild. Là-bas il a gagné trois millions, et depuis il a eu des frais de bouche qui allégeaient quand même pas mal le prix du panier de la ménagère, je veux dire de maman Brigitte.
 

0 + 0 = le patrimoine à Macron, la cigale qui pose question

 
Eh bien, tout ce fric, il n’en reste pas trace. J’ai essayé de comprendre ce que nous en dit le Monde, journal renseigné. Si j’additionne les comptes bancaires, l’assurance vie, les placements divers, j’arrive à un peu plus de trois cent mille euros, plus un avoir chez un éditeur pour son dernier bouquin, mais ça, c’est en plus. Je vois que Macron doit encore rembourser 247.000 euros sur un emprunt, qu’il avait en 2014 un appartement d’une valeur de 935.000 euros qu’il a vendu, et alors ? Qu’est-ce qui reste, au total ? Trois cent dix mille d’actif et 247.000 de passif ? A peine plus que Poutou ? 0 + 0 = le patrimoine à Macron ? Avec tout ce qu’il a gagné ? « Un petit patrimoine qui pose question », comme le disent les décodeurs. A croire que maman Brijou se nourrit exclusivement de diamants sur canapé. Et ce type-là veut gérer la France ?
 
Cela dit, répétons-le, on ne devrait pas publier le patrimoine des candidats : soit ils disent vrai soit ils se fichent de nous, mais dans tous les cas c’est un abus du fisc et un progrès de l’Etat policier.
 

Pauline Mille