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La peine de mort pour la Hongrie

La peine de mort pour la Hongrie
 
Le Premier ministre hongrois renouvelle, ces temps-ci, ses déclarations en faveur de la réintroduction de la peine de mort dans son pays. Viktor Orban souhaite que la peine capitale redevienne une question nationale, en contradiction avec les règlements de l’Union Européenne qui interdit la peine de mort à tous ses membres. Qu’importe ! La Hongrie a plus de valeur pour Orban que l’Union européenne.
 
« Nous voulons influencer l’opinion publique européenne pour que la question d’une réintroduction de la peine de mort redevienne une compétence nationale », affirme donc Viktor Orban en fin de semaine dernière. « L’interdiction de la peine de mort est inscrite dans les documents juridiques fondamentaux. Je crois que tous les Etats-membres devraient pouvoir décider par eux-mêmes. Il n’y a aucune raison que tous les pays aient la même opinion sur cette question. »
 

Viktor Orban et la peine de mort

 
La déclaration du Premier ministre hongrois provoque, bien évidemment, un tollé, et des condamnations très vives au sein du sanctuaire bruxellois. Après le président de la Commission européenne qui avait dit sa ferme opposition à tout propos de ce genre, l’eurodéputé Louis Michel lâche : « Viktor Orban ne défend rien. Il s’attaque à peu près à tout. Il relance le débat sur la peine de mort, il a inscrit la Hongrie dans le sens contraire de l’histoire. C’est cela la vérité. La passion criminelle n’est jamais arrêtée par les menaces de mise à mort. La Justice n’est pas juste en étant elle-même criminelle. »
 
Quel discours ! Et surtout quelle collection de phrases creuses, et fausses. Ce n’est pas cela, en tout cas, qui perturbera Viktor Orban, puisque la moitié du pays semble lui faire confiance sur ce point.
 

Sortir la Hongrie ?

 
Aussi l’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est-il permis de répondre au premier ministre hongrois, dimanche, sur un autre plan : celui de la légalité. La Hongrie ne peut rétablir la peine de mort qu’en sortant de l’Union européenne, a-t-il expliqué. « Le rétablissement de la peine de mort est tout simplement impossible pour un membre de l’Union européenne. Le débat a été clos il y a longtemps. C’est une affaire réglée pour tous les membres », a-t-il ajouté.
 
Ce à quoi Viktor Orban, qui a évoqué la question après le meurtre d’un commerçant, a déjà rétorqué : « Si nous pouvons protéger les citoyens sans rétablir la peine de mort, faisons-le. Mais si cela ne marche pas, il faudra alors la rétablir. »
 
Si Bruxelles se trouve si empressé à repousser la Hongrie, ce n’est peut-être pas tant à cause de sa volonté de réétudier la question de la peine capitale, mais parce que le premier ministre hongrois estime que la question se pose pour chacun. Vite ! dehors, le pervertisseur !
 

François le Luc