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Pensée de Noël

Pensée de Noël

 
« Vous serez comme des dieux ! » L’antique et mensongère promesse de Satan à nos premiers parents a eu de quoi les séduire jusqu’à les pousser vers l’inimitié avec Dieu, le vrai Dieu, rompant la confiance et l’harmonie originelles qui régnait entre le Créateur et ses créatures, les hommes. Adam et Eve étaient pourtant créés « à l’image et à la ressemblance de Dieu », dit la Genèse : ils n’avaient pas besoin du serpent pour être comme Lui.
 
De là commença à se dérouler l’histoire du salut : cette Rédemption où le Fils de Dieu Lui-même a pris la condition humaine pour nous ressembler en toute chose, excepté le péché. L’homme s’était détourné, Dieu n’allait pas le laisser périr, telle est sa fidélité à l’alliance dont nous n’étions pourtant pas dignes.
 
L’Enfant de la crèche est le signe de cette fidélité inouïe, de cet amour sans retour. Faible, fragile, sans défense. Le Verbe incarné a choisi de naître d’une femme : non dans la gloire d’une venue puissante mais humblement, dans le cadre de la famille dont Dieu a voulu faire l’ossature de toute société humaine. Il a choisi le plus bel écrin qui soit : le sein de la Vierge Immaculée, mais cela n’empêche que sa toute-puissance s’est volontairement anéantie pour laisser la place au don absolu, au sacrifice sans retour.
 
S’Il a voulu nous ressembler ainsi, par pure bonté et don gratuit, en nous offrant le salut sans jamais l’imposer, Il offre aussi un modèle à ressembler.
 
N’est-il pas vrai que l’on finit toujours par ressembler à celui qu’on aime ? N’est-il pas vrai que les hommes finissent par ressembler à leurs dieux ?
 
Notre Dieu n’asservit pas, Il ne hait pas, Il n’écrase pas, Il n’appelle pas le mal « bien » pour faire avancer sa cause, Il ne convertit pas de force… Il propose la force de sa grâce et l’infini océan de sa miséricorde et quémande notre amour comme un nouveau-né.
 
La promesse de Satan disait tout autre chose. « Vous serez comme des dieux ! » Immortels, pleins de pouvoir et de morgue, de suffisance et de conquêtes, de domination et de bonheurs tout matériels… Adam et Eve s’y sont laissé prendre, « par peur de mourir » comme le dit saint Paul.
 

La pensée de Noël : le Verbe s’est fait chair !

 
Depuis plus de deux mille ans, l’Enfant de la crèche dit un tout autre message. Si nous voulons être comme Dieu, il nous faut être comme Lui : humbles, petits, prêts à donner jusqu’à la vie. Tout le paradoxe de Noël est là : les anges proclament la gloire de Dieu et promettent la paix aux hommes de bonne volonté ; mais la gloire de Dieu passe par le sacrifice, l’anéantissement, et la mort que Jésus accepte en prenant chair de la Vierge Marie.
 
Temps de joie et de paix, vraiment : la religion du Verbe incarné est celle qui fait ressembler l’homme à ce qu’il est vraiment, à l’image et à la ressemblance de Dieu Trinité, éternellement offert, éternellement donné ; à l’image de Jésus dans la crèche.
 
Bon, heureux et saint Noël à tous. Avec les bergers de Bethlehem, loin du tumulte du monde qui s’égare, nous le savons : l’orgueil des hommes ne viendra jamais à bout de Dieu, ni de sa patience et de sa bienveillance.