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Un portrait de Benoît XVI en préservatifs suscite l’indignation des catholiques de Milwaukee

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Une artiste contemporaine de Milwaukee, Wisconsin, vient de voir consacrer son « talent » : un portrait de Benoît XVI qu’elle a réalisé en préservatifs de différentes couleurs, Eggs Benedict, vient d’être ajoutée à la collection permanente du Milwaukee Art Museum qui l’a reçu d’un « philanthrope » local. Joseph Prabst l’avait payé 25.000 dollars à Niki Johnson. C’est en sa qualité de militant pour les droits LGBT qu’il en a fait don au musée, provoquant au passage la légitime indignation des catholiques qui ont reçu le soutien explicite de leur évêque.
 
L’idée du portrait avait germé dans la tête de l’artiste en 2009, lorsque Benoît XVI avait été conspué par les médias internationaux pour ses propos sur le sida et le préservatif lors de son voyage en Afrique. C’est en entendant la nouvelle en avalant ses céréales du petit déjeuner – comme elle l’a raconté, car chez l’artiste contemporain, même le futile est important – qu’elle a senti une vague d’indignation l’envahir. Comment ce pape osait-il tenir un propos aussi « irresponsable » ? Comment osait-il accuser les préservatifs de participer à la diffusion du sida ?
 

“Eggs Benedict”, un portrait de Benoît XVI en préservatifs par Niki Johnson

 
En réalisant ce portrait à partir de 17.000 préservatifs, Niki Johnson, par ailleurs spécialisée dans les questions de genre, espérait, dit-elle, déclencher le « débat ». Comme si débat il pouvait y avoir. Comme si la contestation de Benoît XVI n’avait pas envahi les médias à l’exclusion de toute réflexion rationnelle. Comme si les médias avaient pris une seconde au sérieux l’avertissement du pape.
 
En définitive, la réalisation de l’« œuvre » devait lui prendre trois bonnes années et elle ne devait être achevée qu’après la renonciation de Benoît XVI à la chaire de Pierre. Le moment apparut comme mal choisi pour en faire la promotion. Trois ans plus tard, en 2015, la décision par le Milwaukee Art Museum d’intégrer l’espèce de mosaïque au rabais dans sa collection permanente, en attendant sans doute pour l’exposer dans ses salles principales que des travaux soient achevés, a suscité la colère.
 
« Il n’a jamais été question de dérision, de moquerie, ou de manque de respect à l’égard du pape. L’œuvre veut déclencher une conversation sur le sida et l’éducation sur le sida. J’espère que lorsque l’œuvre sera exposée dans le musée la discussion se focalisera là-dessus », a soutenu Don Layden, président du conseil du musée.
 
Voire. Si Niki Johnson affirme n’avoir pas été mue par la haine, son propos est bien de « déstigmatiser le préservatif, de le normaliser » – et par voie de conséquence, de dénoncer ceux dont la morale empêche d’en faire la promotion. Le matériau de l’œuvre et son titre – qui renvoie au nom d’un plat fait d’un muffin ou de pain grillé recouvert d’œufs pochés – disent assez la volonté de choquer. L’artiste a clairement affirmé qu’elle était en désaccord avec les prises de position « conservatrices » du pape émérite ; qu’elle attend de voir parents et enfants discuter librement du préservatif et de son utilisation.
 

L’évêque de Milwaukee dénonce le « petit musée » qui a choisi de provoquer les catholiques

 
L’évêque de Milwaukee, Mgr Jerome E. Listecki, a critiqué sur son blog l’« individualisme radical » qui est à la source de telles provocations, et sans doute a-t-il davantage irrité les sectateurs de l’art contemporain par sa manière de minimiser leur importance qu’il n’aurait pu le faire en appelant à un mouvement de protestation. Sans nommer l’œuvre de Niki Johnson, il a eu des paroles fortes pourtant, dénonçant la perte du sacré qui a permis à un jeune homme de Charleston « de tuer neuf personnes après avoir prié avec elles pendant une heure ».
 
« D’aucuns aimeraient me voir plus dérangé par le cynisme du musée – ils voudraient me voir appeler au boycott, à l’arrêt des dons, à la manifestation. Dieu, la religion et la foi ont été insultés par bien d’autres personnes au cours des âges, et par des autocrates et des mouvements bien plus puissants que notre petit musée local. Mais Dieu règne toujours, suprême, l’Eglise est là et elle le sera jusqu’à la fin des temps, et la foi continue d’informer et de former. Un artiste qui prétend que son travail est un important commentaire social, et un musée qui l’accepte, qui insulte le chef religieux d’une Eglise dont le travail caritatif à travers ses missionnaires et ses ministres a soulagé la douleur de ceux qui souffrent à travers le monde, doivent comprendre le rejet de cette action locale par les croyants qui ont été eux-mêmes insultés », a-t-il écrit.
 
Son porte-parole a précisé que l’évêché considère l’œuvre comme une attaque délibérée contre une tradition religieuse ou comme une opération publicitaire.
 
Comme toujours, c’est l’Eglise et ce sont ses vérités, ses dogmes, sa morale, ses ministres qui sont la cible des attaques les plus indignes – celles que n’oserait pas le plus téméraire des caricaturistes de Mahomet, celles qui ne visent jamais le judaïsme.
 
Serait-ce l’hommage involontaire rendu à l’Eglise par ses plus mortels ennemis ? La religion catholique est partout la plus attaquée par le milieu culturel dominant : ce n’est pas un hasard.
 

Anne Dolhein