C’est une ville tranquille du Canada, la capitale de la province de Saskatchewan : Regina, avec un peu moins 250.000 habitants, compte, l’immigration aidant, un peu moins de 5 % de musulmans selon les chiffres officiels. Une petite minorité, mais elle grandit vite : ils étaient moins de mille en 2001. Et elle se fait entendre dans cette ville de prairie au cœur du Canada. L’appel à la prière islamique y a retenti bruyamment le 19 juin depuis les haut-parleurs de la mosquée Jamia Masjid ; c’était la première fois qu’un tel événement se produisait dans une ville de quelque importance du Canada rural. Et vu la force du son, tout le centre-ville de Regina ne pouvait que l’entendre.
La mosquée est encore en phase de construction. C’est un essai qui s’est produit vendredi dernier alors que le muezzin, utilisant un micro depuis l’une des salles à l’intérieur du bâtiment, a testé les haut-parleurs puissants.
Vers 13 heures, il a chanté l’intégralité de l’adhan, cet appel en arabe dont le texte commence par « Allâhou Akbar » et qui proclame : « Je témoigne que nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah. » Le média islamique local Al-Baaqi TV a publié une déclaration de gratitude, remerciant l’ensemble de la communauté de Regina de son soutien et de sa compréhension bouleversante à l’occasion de cet appel. Emotion en vérité compréhensible de la part de ces musulmans qui ont pu faire remarquer à une ville historiquement chrétienne, et qui le demeure majoritairement, qu’« Allah est celui qu’il faut adorer ».
La prière islamique dans une ville tranquille du Saskatchewan
Mais dans un contexte de dénonciation fébrile de l’islamophobie au Canada, comme dans tant de grands pays jadis chrétiens, ils n’ont pas dû être étonnés. Il suffit de connaître les codes. Le court communiqué, qui n’oublie ni les habitants de Regina, ni les responsables municipaux, ni les services de police, et tant d’autres, en témoigne, en saluant la « coopération » et la « bienveillance » ainsi qu’« un esprit de respect mutuel, d’inclusion et d’harmonie » qui ont rendu l’appel à la prière possible. Un vrai pipotron !
Et comme tous ces mots-clefs ne suffisaient pas, le communiqué explique que l’adhan « nous rappelle les valeurs de la paix, de la compassion, de la gratitude et du service rendu à l’humanité ». « Nous prions pour que cette initiative continue de renforcer la compréhension, de construire des ponts entre les communautés et de promouvoir les valeurs de respect, de diversité et d’unité que nous partageons tous », conclut-il. Ne nous l’a-t-on pas dit cent fois, que l’islam est une religion de paix et de tolérance ? Et n’a-t-on pas omis de nous dire que le culte public musulman est associé à l’appropriation d’un territoire ?
La ville de Regina impose un règlement municipal qui empêche la diffusion de bruits « déraisonnablement » importants ou excessifs et de nature à perturber une « personne raisonnable » à l’intérieur de la ville, signale Anthony Murdoch dans LifeSiteNews. Il existe une exception spécifique pour le son des cloches dans les églises, les institutions religieuses et les écoles. Mais leur présence dans la ville est historique et leur son mécanique ne vise pas à être entendu à de très grandes distances. Les haut-parleurs utilisés par les mosquées ont été explicitement choisis pour leur grande portée, comme l’indique leur cahier des charges.
Faut-il se plaindre de ce que la religion fasse ainsi irruption dans l’espace public ? La laïcité l’interdit, mais en soi, il n’y a rien d’intolérable à ce que l’existence de Dieu soit rappelée au-delà du cercle privé.
La ville de Regina a déjeuné au son d’« Allah est grand »
Mais à cet égard il ne faut pas oublier le critère de la vérité : en recevant cette permission, l’islam en déduit qu’il est reconnu pour sa véracité. D’autre part, l’islam ne fait précisément pas la distinction entre les domaines spirituels et temporels. C’est une religion politique, et l’appel à la prière est une manifestation claire de cet aspect.
De grandes villes comme Ottawa, Toronto, Calgary, Edmonton et Vancouver ont déjà par le passé accordé des exemptions à la législation contre le bruit en permettant des appels à la prière publiques pendant le ramadan.
C’est ainsi que l’islam progresse. Ainsi, une école publique de Calgary était allée en février dernier jusqu’à empêcher l’ensemble des enfants d’accéder à la cafétéria de l’école, dont toute nourriture a été bannie pendant le ramadan pour ne pas « offenser » les élèves musulmans.
Les chrétiens ne bénéficient pas de tels égards. En 2003, l’église catholique du Saint-Esprit à Saskatoon, l’autre grande ville du Saskatchewan, avait fait l’objet de multiples plaintes pour excès de bruit en raison de ses cloches. C’est un miracle si la municipalité, qui envisageait de lever l’exemption leur permettant de sonner, est finalement revenue sur son propos.
Depuis la fable des charniers d’enfants autochtones, prétendument enterrés dans des fosses communes auprès des orphelinats catholiques où ils seraient morts de mauvais traitements, le Canada a compté ces dernières années plus de 100 églises incendiées ou vandalisées.
Quant à son premier ministre Mark Carney, il a récemment déclaré que le Canada n’est pas réellement une nation chrétienne. On se demande ce qu’il dirait si le Canada devenait un jour une nation islamique.











